Le Luxembourg veut rester un partenaire fiable de l'OTAN et investira près 5,4 milliards d'euros dans sa défense en six ans. Sa "pièce-maîtresse" sera un nouveau bataillon de reconnaissance belgo-luxembourgeois de "600 à 800 hommes".

Avec le changement de la situation sécuritaire en Europe et suite à l'invasion de l'Ukraine par la Russie qui se poursuit, "une chose est devenue claire: l'Europe doit prendre une plus grande responsabilité que ces dernières années pour être en mesure de défendre ses propres frontières. Mais plus de défense dans l'Europe ne signifie pas, moins dans l'OTAN", a lancé ce vendredi François Bausch, ministre de la Défense.

Une autre chose est claire. Le Luxembourg veut rester un partenaire "solidaire et fiable" de l'OTAN et sort son chéquier, mais tient à dépenser son argent au rythme et à la hauteur qui lui vont. "Nous tenons notre engagement pour atteindre les 2% du PIB (pour la défense), mais prenons en compte les spécificités luxembourgeoises", résume François Bausch.

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Le handicap du pays étant que son PIB est bien plus élevé que les autres pays européens et que, par conséquent, les 2% d'effort que demande l'OTAN, ça fait beaucoup d'un seul coup. Surtout que le Luxembourg part de loin. En 2013, la défense représentait 0,3% de son PIB. En 2023, il est prévu qu'elle pèsera 0,71% du PIB, soit 80,7 millions d'euros.

Et l'objectif est "d'atteindre 1% du PIB en 2028, ce qui représente environ 1 milliard d'euros d'effort de défense" (994 millions d'euros exactement), a expliqué ce vendredi matin François Bausch qui a présenté ce matin-même les chiffres validés par le gouvernement aux députés de la commission de la Sécurité intérieure et de la Défense.

C'est l'engagement que François Bausch et Xavier Bettel, le Premier ministre, prendront dès lundi et mardi devant leurs partenaires lors du Sommet de l'OTAN qui se déroulera à Madrid.

Par rapport à ce qu'il avait prévu en 2019, le gouvernement luxembourgeois va dépenser 793 millions d'euros de plus dans les six ans à venir. Il va investir 5,4 milliard d'euros dans sa défense et celle de l'Europe dans les six ans (2023 à 2028).

UN NOUVEAU BATAILLON BELGO-LUXEMBOURGEOIS EN VUE

Pour remplir les objectifs de l'OTAN, "nous ne voulons pas que dépenser de l'argent", sous-entenu ce n'est pas une fin en soi, prévient François Bausch, mais le faire en "apportant une plus-value", à la fois des capacités du Luxembourg au sein de l'OTAN, mais aussi sur le plan national "pour utiliser ces acquisitions dans le civil".

Le Luxembourg va continuer à se focaliser sur ses "spécialités": la surveillance et la reconnaissance militaires, les technologies spatiales, le cyber et le transport aérien.

Une somme conséquente du budget, "mais il est impossible de le chiffrer pour le moment" servira à créer "un bataillon de reconnaissance belgo-luxembourgeois qui devra être opérationnel en 2028", annonce le général Steve Thull, le chef d'État-Major de l'armée.

Il assure que le groupe de travail "Ermesinde" formé de 40 personnes planche déjà sur tous les détails de sa création et que "l'an prochain, avant l'été, les grandes idées seront sur la table". Ce bataillon de "600 à 800 hommes", tout comme les nouveaux systèmes de communication, les véhicules, les armes, les munitions seront fourni, pour moitié, par chacun des deux pays. L'armée devra recruter une centaine de personnes d'ici 2028.

Quatre drones vont être mis en service dès ce 1er juillet, c'est-à-dire six mois plus tôt que prévu initialement, avait annoncé fin le général Steve Thull, le chef d'État-Major de l'armée. Et l'effort de défense se poursuivra dans le domaine aérien puisque le Luxembourg se prépare à s'équiper de drones plus modernes, mais aussi à financer un nouvel avion AWACS de surveillance aérienne dont l'OTAN aura bientôt besoin.

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