Les pétitionnaires demandent également que les auteurs de ces faits suivent une thérapie, une proposition que la ministre de la Justice veut analyser de plus près.

"Il ne faut pas que les victimes d'un viol ou d'un abus sexuel soient davantage punies que leurs auteurs", a conclu Liv Jeitz, qui a cosigné la pétition 2129, ce matin à la Chambre des députés où justement cette proposition a été débattue en séance plénière. Le texte demandait notamment des peines adéquates en cas de viol ou d'abus sexuel tout comme de la prison ferme pour les auteurs de ces faits, sans sursis.

Une loi de 2018 prévoit cependant automatiquement une peine avec sursis lorsqu'une personne se retrouve pour la première fois devant un tribunal.

Diane Schaefers, qui a également cosigné la pétition en question, travaille avec des enfants et des jeunes traumatisés et elle connaît les séquelles qui peuvent rester toute une vie après une telle expérience.

Une nouvelle loi dans le cadre du droit pénal sexuel a été déposée l'été dernier, ce que les deux pétitionnaires ont toutes les deux salué, comme par exemple le point sur la prescription qui est couvert dans cette nouvelle version. Il est donc bien question de sursis ici, comme l'a d'ailleurs souligné Diane Schaefers, qui a pris l'exemple de sa cosignataire Liv Jeitz: elle avait, avec trois autres femmes, déposé un plainte contre un homme qui a tout avoué devant les juges. Alors que plusieurs personnes étaient impliquées dans ce dossier, l'affaire a été traitée comme une première comparution et l'auteur a été condamné à une peine avec sursis. "Surtout lorsqu'une personne se rend coupable d'un viol durant plusieurs années, aucun sursis ne devrait pouvoir être accordé", ont souligné Liv Jeitz et Diane Schaefers.

La ministre de la Justice Sam Tanson a confirmé avoir bien conscience de la discussion autour du sursis mais elle ne pense pas non plus que la prison soit une solution à ce problème et que les personnes visées ne vont pas recommencer à leur sortie. Elle a également expliqué que le sursis était d'application pour une première comparution mais que le ou la juge pouvait en également décider autrement.

Il existe évidemment un cadre juridique dans lequel on peut faire bouger les choses, un texte de loi a bien été déposé il y a plusieurs mois mais la ministre a surtout été intéressée par une proposition des deux pétitionnaires, celle d'infliger une thérapie obligatoire aux auteurs de ces actes. Sam Tanson a dit vouloir analyser l'idée après le huis clos avec les députés en fin de séance.