Vu l'inflation, de nouvelles tranches indiciaires pourraient suivre et être décalées, mais "aucune tranche ne sera supprimée", a assuré Gilles Baum, président du groupe parlementaire DP ce lundi matin au micro de RTL.

"Si plus d'une tranche indiciaire doit être reportée après 2024, la tripartite devra à nouveau se réunir afin que le gouvernement et les partenaires sociaux puissent définir à quel niveau ces tranches peuvent être étendues", a expliqué ce lundi le député DP Gilles Baum.

Le président de la fraction parlementaire du DP a garanti qu'"aucune tranche ne sera supprimée" et que, si deux, trois ou davantage de tranches devaient être payées le 1er avril 2024, ce qui serait difficilement faisable pour les entreprises, "il faudrait voir si nous pouvons les reporter à 2024, ou 2025, mais il est très difficile de définir l'évolution de la situation à ce stade".

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Des crédits d'impôt dégressifs sont prévus afin de compenser la perte de pouvoir d'achat provoquée par le report des tranches indiciaires, les salaires jusqu'à 100.000 euros bruts par an devraient même être surcompensés. Lors de son passage dans l'émission Kloertext sur RTL en octobre dernier, Gilles Baum avait alors évoqué un salaire moyen de 9.000 € bruts par mois, ce qui correspond à 117.000 € par an en incluant le 13e mois.

Ces mesures compensatoires sont-elles également prévues pour des salaires plus élevés, comme le réclame l'OGBL? À cette question, Gilles Baum répond qu'il parlait de 9.000 € pour un couple et que, divisé par deux, le salaire moyen pour une personne est de 4.500 €.

"QUE 50 MILLIONS" POUR l'ÉTAT

Le député Sven Clement (Pirates) avait déclaré samedi sur RTL qu'"avec un salaire de 4.500 € bruts, il est impossible de s'acheter un logement au Luxembourg. Si les taux d'intérêt remontent, il faudra payer 500 € de plus chaque mois pour un prêt de 800.000 €". Le président de la fraction libérale a réagi ce lundi en expliquant qu'il "n'avait pas encore fait ce calcul" car il ne savait pas dans quel sens la politique des taux d'intérêt allait se diriger, mais il trouvait cependant que "ce calcul était exagéré".

Une adaptation des barèmes fiscaux à l'inflation coûterait jusqu'à 600 millions d'euros par an, une mesure que ne soutient pas le président de la fraction libérale qui précise qu'"une hausse du taux d'imposition maximum de 42 à 45% ne rapporterait, selon des calculs, que 50 millions à l'État".

Gilles Baum est d'avis qu'en temps de crise, "il faut surtout aider les personnes qui en ont le plus besoin, mais il ne faut pas inventer des réformes fiscales que nous devrons rembourser plus tard. Le DP souhaite des finances publiques sûres et durables pour les futurs gouvernements et générations".