Ils sont des milliers à être partis combattre en Ukraine, et parmi eux quelques Luxembourgeois. La rédaction de RTL a retrouvé l'un d'entre eux. Il nous explique ses motivations.

Début mars, le ministère ukrainien des Affaires étrangères avait affirmé que  quelque 20.000 combattants étrangers, principalement venus de pays européens, s'étaient portés volontaires.

Le 21 avril, dans sa réponse à une question parlementaire, le ministre des Affaires étrangères affirmait qu'à sa connaissance, aucun citoyen ou résident luxembourgeois ne se trouverait en Ukraine pour combattre. Pourtant, les recherches de la rédaction de RTL nous ont révélé qu'au moins deux citoyens luxembourgeois et un résident sont partis se battre dans des bataillons étrangers en Ukraine.

Nous sommes en contact depuis quelques jours avec l'un d'entre eux, un homme d'une vingtaine d'années qui s'est rendu en Ukraine il y a près d'un mois:

"Je suis ici pour aider le peuple. Des combats ont lieu que dans ce pays, tout le reste, je n'y suis pour rien. Je suis seulement là pour aider les gens à renvoyer les Russes en Russie."

UNE LÉGION INTERNATIONALE

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait annoncé fin février la création d’une  "légion internationale" de combattants étrangers pour l’aider à repousser l’invasion russe.

Des combattants étrangers et  mercenaires de tout poil ont afflué en Ukraine pour combattre dans un camp ou dans l'autre, posant souvent plus de problèmes qu'ils n'apportent de solutions. Sont-ils des milliers, des dizaines de milliers? Les chiffres varient du tout au tout mais aucun n'est fiable.

En revanche, les deux camps brandissent régulièrement leur existence. "Les combattants étrangers constituent un outil de propagande important", résume James Rands, analyste pour l'institut de renseignement britannique Janes.

"En dépit de la profusion d'anecdotes, il n'y a pas de preuves convaincantes que les combattants étrangers fassent la différence sur le front", assure James Rands.
Car ils débarquent souvent avec leurs lots de problèmes, d'illusions et d'incompétences. Ils réclament des armes, ne parlent pas la langue et ne connaissent ni le terrain ni la culture du camp qu'ils voudraient servir.

La plupart sont donc difficiles à intégrer dans des unités sous un commandement cohérent, avec de la discipline, le respect des tactiques adoptées et la maîtrise de l'engagement.

L'engagement de certains militants aux côtés des forces armées ukrainiennes dans la guerre contre la Russie relève d'un  "certain romantisme révolutionnaire", explique Jean-Yves Camus, politologue.

Retrouvez le reportage vidéo de Pierre Weimerskirch.