La vente de ces produits est désormais rationnée dans certains supermarchés ainsi qu'à la Provençale, principal fournisseur de nombreux restaurateurs du Grand-Duché.

Les conséquences de la guerre en Ukraine sur l'économie luxembourgeoise sont déjà connues depuis plusieurs semaines maintenant. Le secteur de la restauration, déjà fortement impacté par la crise liée au Covid, doit également faire face à cette nouvelle situation problématique suite à l'invasion russe en Ukraine. Le pays étant en effet l'un des plus gros exportateurs d'huile végétale dans nos région, ce produit commence à se faire rare chez nous.

Un exemple: le restaurant Dali Zhu utilise pas moins de 15 litres d'huile végétale chaque jour, une quantité de plus en plus difficile à trouver depuis plusieurs semaines: "cette huile, essentielle dans la cuisine asiatique, est actuellement frappée par une pénurie globale et nous devons faire les courses dans plusieurs supermarchés afin de couvrir nos besoins, il nous arrive même d'aller acheter de la graisse à frire en Allemagne, mais là-bas c'est strictement rationné", explique ce restaurateur inquiet.

Le rationnement est désormais légion à la Provençale, principal fournisseur des professionnels de la restauration au Luxembourg: les établissements peuvent commander 30 litres d'huile de tournesol par jour, sans oublier la fulgurante hausse des prix pour ces produits. Le gérant, Georges Eischen, confirme des complications dans les livraisons mais propose également des alternatives comme l'huile de colza ou de palme: "des achats compulsifs en masse, provoqués par la panique, ne font que renforcer cette problématique", avertit le gérant.

Le restaurant situé à Moutfort a déjà trouvé une solution alternative, l'huile de haricots, loin d'être idéale: "la hausse des matières premières est très compliquée à gérer et aura, à terme, des répercussions sur les prix affichés en salle", regrette le restaurateur.

Une crainte que partage la fédération de l'Horeca puisque d'autres aliments vont également être impactés par des hausses de prix. Le secrétaire général de l'Horesca s'attend à un changement dans les habitudes des consommateurs: "le public va se tourner sur des produits plus basiques, le luxe devrait être délaissé pour des achats moins onéreux". Pour François Koepp, la solution à cette flambée des prix dans le secteur de la consommation réside dans une production beaucoup plus locale et régionale.