Le masque anti-Covid ne tombera pas lundi, mais "restera obligatoire en attendant une harmonisation" en Europe, prévient le directeur général de Luxair. La France supprimera l'obligation, mais pas l'Allemagne.

Confronté à une remontée soudaine de la demande après deux années de Covid-19 très compliquées, le secteur aérien craint le pire pour cet été. Les aéroports sont engorgés en ce moment et les restrictions Covid ne sont pas les mêmes à l'échelle continentale, ni même européenne.

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L'Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) a annoncé mercredi la fin du masque obligatoire dans les avions et les aéroports dans l'Union européenne à compter de lundi 16 mai.

Mais tous les pays européens ne suivront pas cette recommandation pour autant. Si la France mettra fin, dès lundi, à l'obligation de porter un masque dans ses avions, l'Allemagne a indiqué mercredi soir qu'elle ne lèvera pas l'obligation de porter un masque dans ses avions.

"L'obligation du masque dans les avions reste en place pour tous les vols intérieurs ainsi que pour les vols qui décollent et atterrissent en Allemagne", a fait savoir Hanno Kautz, porte-parole du ministère allemand de la Santé.

LUXAIR TOUJOURS DANS LE FLOU

Si au Luxembourg, le port du masque n'est plus obligatoire à l'aéroport du Findel depuis la mi-mars, le masque ne tombera pas si vite non plus à bord des avions de Luxair. La protection anti-Covid "restera obligatoire au Luxembourg en attendant une harmonisation, au moins partielle de la situation", pose clairement Gilles Feith, directeur général de Luxair. Il précise que Luxair "surveille la situation de près" et qu'il aimerait "supprimer cette obligation dans les plus brefs délais".

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Si la nouvelle recommandation de l'AESA n'est pas appliquée dans tous les pays, le patron de Luxair se retrouve dans la même situation inextricable qui sème la confusion dans son secteur et surtout dans la tête des clients, puisque les restrictions Covid changent d'un pays à l'autre. "L'Europe ne fonctionne pas, comme souvent durant la pandémie", se lasse Gilles Feith.

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"Les mesures nationales prévalent et dans la majorité des pays que nous desservons, le port du masque reste obligatoire comme en Allemagne, au Portugal, Cap-Vert, en Espagne, Egypte, Tunisie..." la liste est longue. "À l'heure actuelle il n'y a que 13 pays où le masque n'est plus obligatoire dans l'avion", explique Gilles Feith.

LIBERTÉ DE CHOISIR ET PROTECTION DES PLUS VULNÉRABLES

Pour mettre en lumière ce qui est à ses yeux un "total non-sens", le patron de Luxair rappelle que "en Italie, la législation nationale oblige toujours les passagers de porter un masque FFP2" et qu'il est recommandé en Grèce par exemple. La situation "commence à ne plus être justifiable!", souligne-t-il en rappelant aussi qu'il "existe toujours des destinations où les gens non-vaccinés ne peuvent pas aller".

Le directeur général de Luxair n'est pas loin d'être dépité face à ce désordre et continue, comme depuis des mois, de plaider pour "lever le plus vite possible toutes les restrictions" sur les vols. D'autant que de nombreuses caractéristiques comme l'échange d'air à haute fréquence et les filtres efficaces font que l'environnement intérieur des avions est sûr: "La filtration était excellente durant toute la pandémie", assure Gilles Feith.

L'AESA a expliqué qu'un masque facial reste l'une des meilleures protections contre la transmission du Covid. En particulier pour les personnes vulnérables. Le leitmotiv du patron de Luxair est simple: "Il faut protéger les personnes vulnérables, mais laisser la liberté aux gens", de porter ou non un masque à bord.

Depuis le début de la pandémie, les masques FFP2 sont gratuits sur demande sur les vols Luxair. Et "ça n'a pas changé", assure le directeur général.