"Il s'agit de mesures qui coûteront beaucoup d'argent et qui n'apporteront très probablement pas grand-chose au niveau écologique," critique la Confédération luxembourgeois du commerce le "paquet déchets" soumis au vote des députés ce mercredi après-midi.

Il s'agit de cinq projets de loi qui concernent les emballages, les déchets, la pollution plastique et électronique et qui visent à éviter les déchets.

Tant la Confédération luxembourgeois du commerce (CLC) que la Fédération luxembourgeoise de l'Alimentation et de la Distribution critiquent fermement ces textes législatifs. Interviewé par nos collègues de RTL, le gérant de la société Grosbusch explique notamment pourquoi l'interdiction d'emballer dans du plastique des fruits et légumes frais d'un poids inférieur à 1,5 kilo, n'aura pas que des avantages.

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"La durée de vie d'un concombre emballé dans du plastique est de quatre à cinq jours plus longue. Là, vous pouvez vous demander si vous prenez celui qui est emballé dans du plastique, qui se conserve plus longtemps et avec lequel le gaspillage alimentaire est donc minimisé, ou si vous allez sur la voie plus écologique en tant que supermarché et risquez, après deux-trois jours de ne pas l'avoir vendu et de le jeter", selon Goy Grosbusch.

Le gouvernement tente ici d'agir en solitaire pour le marché luxembourgeois, au lieu de se raccrocher à la législation française, par exemple, regrette le gérant de la société Grosbusch.

LA FRANCE, UN BON POINT DE REPÈRE

La France serait le plus gros producteur et consommateur de fruits et légumes en Europe et par conséquent un bon point de repère, d'après Goy Grosbusch:

"[La France] qui a réfléchi à tout cela et où un plan est calé jusqu'en 2028, dans lequel tout est abordé pas à pas et où on ne tente pas de tout révolutionner du jour au lendemain."

De plus, les autorités tenteraient de redécouvrir la roue, alors que la production de fruits et légumes ne dépasse pas 3% au Luxembourg.

"Comment voulons-nous mettre en place quelque chose de manière autonome quand plus de 95% de tous les produits viennent de l'étranger. Aucun producteur à l'étranger n'adaptera sa réglementation aux exigences luxembourgeoises, qui sont minimes par rapport à l'ensemble des exigences européennes."

"INTRODUIRE UNE CONSIGNE C'EST PLUS CHER"

Pour Claude Bizjak, directeur adjoint de la CLC, l'introduction d'une consigne sur toutes les boissons constitue aussi un problème.

"Là, nous devons nous demander ce que nous voulons résoudre. 96 % des gens trouvent que le recyclage est important et nous avons un taux de recyclage élevé. Avec la consigne, nous ne génèrerons pas moins de plastique. C'est juste un prix sur chaque bouteille en plastique."

RTL

Il faudrait se demander si cela va vraiment réduire le "littering" (les déchets sauvages) ou s'il faut peut-être installer des poubelles de tri dans les rues. Toutes ces mesures auraient surtout un impact financier.

"Si vous introduisez une consigne, c'est plus cher et l'attractivité du commerce va diminuer aussi pour les frontaliers. Là il faut se demander ce que cela pourrait signifier pour le Luxembourg."

Le reportage en luxembourgeois de nos collègues de RTL: