L'accord signé entre le gouvernement, l'Union des entreprises luxembourgeoises et les organisations syndicales LCGB et CGFP prévoit des mesures en faveur des entreprises, notamment des aides temporaires et des aides à la transition énergétique, et des mesures en faveur du pouvoir d'achat.

Que retenir de cette tripartite entre le gouvernement luxembourgeois, les syndicat et le patronat? Après de longues discussions, les partenaires sociaux ont obtenu d'importantes aides, toutefois insuffisantes pour l'OGBL, qui a repoussé l'accord travaillé ces derniers jours.

"Nous aurions été prêts à soutenir des mesures en faveur des entreprises, mais pas un accord dont seules les entreprises profiteraient", affirme le syndicat.

UN CRÉDIT D'IMPÔT POUR LES TRAVAILLEURS

Une des mesures qui a été particulièrement négociée, c'est le crédit d'impôt "énergie". Le crédit d'impôt doit compenser la perte de pouvoir d'achat provoquée par l'augmentation de la taxe CO2 et le report de la tranche d'index d'août 2022 à avril 2023.

Pour les salaires et retraites inférieurs ou égaux à 44.000 euros par an, le crédit d'impôt s'élèvera à 84 euros par mois. Pour les salaires et retraites compris entre 44.000 et 68.000 euros par an, il s'élèvera à au moins 76 euros, pour se réduire progressivement à 0 pour les salaires et retraites supérieurs à 100.000 euros annuels.

Les personnes touchant le revis recevront aussi un crédit d'impôt de 84 euros par mois.

La ministre des Finances, Yuriko Backes, a précisé que chaque salarié considéré individuellement aura droit au crédit d'impôt et pas seulement chaque ménage. Les indépendants le recevront aussi. La mesure sera en vigueur pendant la période où il n'y aura pas d'indexation, donc jusqu'au mois de mars 2023 inclus. L'OGBL n'a pas signé l'accord, notamment parce que les mesures de compensation ne vont pas assez loin pour le syndicat. Yuriko Backes a déclaré que le crédit d'impôt représenterait clairement une surcompensation. Le report d'une tranche d'index doit soulager les entreprises.

DES AIDES AU LOGEMENT

En matière de logement, une réforme de la subvention de loyer a été décidée. A partir d'août, un plus grand nombre de personnes y seront éligibles et le montant de la subvention va aussi augmenter d'environ 50%. Les familles plus nombreuses pourraient ainsi recevoir jusqu'à 400 euros par mois de subsides pour les frais de loyer.

De plus, les loyers seront gelés jusqu'à la fin de l'année. Il s'agit d'éviter que les subventions de loyer ne soient partiellement ou même entièrement englouties par des augmentations de loyer.

Enfin le régime d'aides "PRIMe House" sera réformé. À titre d'exemple, les personnes qui ont droit à une telle prime pour remplacer leur chauffage actuel par une alternative plus durable, ne devront plus avancer ce montant. À l'avenir, l'Etat versera directement le montant de la prime à l'entreprise qui a installé le nouveau chauffage.

En outre cette prime pourra être doublée en fonction des revenus du bénéficiaire. Cette aide devrait seulement entrer en vigueur début 2023, mais elle sera rétroactive à partir de janvier 2022.

REMISE SUR LES CARBURANTS

La dernière mesure décidée en faveur du pouvoir d'achat est la réduction de 7,5 centimes par litre de carburant jusqu'à juillet 2022 inclus et par litre de mazout jusqu'à fin 2022.

Un gain de 3,75€ par plein mais qui pose question: la volatilité des prix des carburants est telle que les tarifs peuvent augmenter bien plus vite que cette remise. Ainsi, la semaine passée, le litre de diesel avait bondi de 18 centimes lors de trois hausses de prix consécutives.