Cet été, ce sera "la" nouvelle attraction touristique du Luxembourg! Dès juillet, les touristes découvriront, casque sur la tête, les impressionnantes chambres d'extraction des anciennes ardoisières à Haut-Martelange. Visite en avant-première à 42 mètres sous terre.

"Ce sera une vraie aventure! Déjà le challenge de passer un pont, de monter un escalier d'une vingtaine de mètres dans une vaste chambre où on voit les parois et de monter encore pour se dire: "Mais dans le temps, on a travaillé là!", raconte Doris Thilmany, administratrice-déléguée du Musée de l'Ardoise, en parlant du tout nouveau parcours souterrain inédit qui ouvrira au grand public dès ce mois de juillet 2022.

Consolidée et entièrement aménagée depuis trois ans et demi sous la houlette des Sites et Monuments, l'ancienne galerie Johanna permettra cet été aux touristes de découvrir, sentir et toucher du bout des doigts la matière brute, mais aussi les conditions dantesques de travail dans lesquelles les mineurs des ardoisières de Haut-Martelange remontaient le schiste à la surface.

L'extraction et le traitement de l'ardoise ont longtemps été un fleuron industriel luxembourgeois. C'était même la deuxième plus grande industrie du pays, jouant un vrai rôle économique jusqu'au milieu du XXe siècle. Plus de 300 salariés y étaient occupés dans ce qui était une vraie "petite ville" en surface.

Via ce le circuit souterrain entièrement sécurisé et éclairé -en partie foulé par les mineurs comme le rappelle le dallage- le visiteur pourra découvrir sept chambres souterraines sur une longueur d'environ 350 mètres. Il pourra, en s'accrochant bien à la main courante et en veillant à sa tête dans les passages les plus exigus, descendre à pied jusqu'à 42 mètres sous terre.

Le fond de la mine se trouve à 168 mètres. Mais c'est un miracle de pouvoir descendre à 42 mètres car pendant plus de 60 ans, les galeries étaient entièrement sous l'eau. La nappe phréatique se situe à 14 mètres. "Sans pompage, on serait dans l’eau. On devrait plonger. Pour cette raison on va pomper tout le temps, comme à l’époque où on exploitait le schiste", résume Patrick Sanavia, directeur du Service des sites et monuments nationaux. Un système de trois pompes tourne jour et nuit pour permettre les visites souterraines.

REDONNER VIE ET SENS AU PATRIMOINE

Le patrimoine luxembourgeois "ne se résume pas aux simples vestiges du passé, c'est notre héritage culturel que nous nous devons d'entretenir et d'animer afin de rendre l'histoire palpable et de la transmettre d'une façon immédiate et vivante", explique Sam Tanson, ministre de la Culture.

L'énorme site industriel de 8 hectares aux infrastructures et 22 bâtiments déjà partiellement revalorisés, "démontre vraiment très bien pourquoi il est important de préserver notre patrimoine et comment on peut s'en resservir ensuite", note la ministre de la Culture, en insistant sur le travail de médiation.

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© Maurice Fick / RTL

Pour faire comprendre le passé minier du pays, l'histoire de la région et du site ardoisier, le Musée de l'Ardoise accueille toute l'année des visiteurs (visites guidées ou libres) et des groupes d'élèves qui découvrent le travail de l'exploitation du schiste et de la taille de l'ardoise via des ateliers axés sur la géologie, l'artisanat, l'énergie, les lampes de mine, etc. La saison 2022 redémarrera le 1er avril.

"ÉNORME POTENTIEL" TOURISTIQUE

Parallèlement aux thèmes-clés que sont les deux Guerres mondiales et la construction de l'Europe, le tourisme de mémoire s'appuie sur la riche histoire industrielle du Luxembourg. Cet ancienne mine d'ardoise a été choisie comme un site prioritaire à développer par le gouvernement Bettel. En juin 218, il avait donné son feu vert pour revaloriser "à des fins didactiques, culturelles et touristiques" les chambres souterraines. À la clé: à une enveloppe de 7,1 millions d'euros.

"C'est un site extraordinaire avec les chambres souterraines les profondes d'Europe", relève Lex Delles, ministre du Tourisme. Pour lui, le site des ardoisières et son nouveau parcours touristique en sous-sol représente déjà une "pièce-maîtresse pour le Luxembourg" qui permet de "voir et même de toucher, l'histoire de l'ardoise, les cavités, les bâtiments, les maisons autour, le café, le site équestre,... toute la vie organisée autour de l'ardoise", résume Lex Delles.

Un site qui colle parfaitement à la politique touristique et à l'image que le pays veut véhiculer vers l'extérieur et dans lequel le ministre du Tourisme voit "un énorme potentiel qui devrait permettre d'attirer des touristes du monde entier".

Propriétaire des anciennes ardoisières depuis 2003, l'État a déjà investi plus de 14 millions d'euros dans leur rénovation. L'aménagement du nouveau circuit dans l'ancienne galerie Johanna (pompage, construction d'ouvrages, éclairage, raccordements de l'eau, etc.) a coûté 8,83 millions d'euros. La restauration et la consolidation des bâtiments et des murs sur le site ont déjà coûté 5,23 millions d'euros.