Le plus grand parti d'opposition, le CSV, a demandé ce vendredi une "convocation d'urgence" de la Commission de la Famille et de l'Intégration en présence de la ministre Corinne Cahen pour étudier ses projets de maisons de soins au Luxembourg.

La réunion portera sur les révélations récentes faites sur Orpea, le groupe privé actif dans le domaine de la santé des personnes âgées, accusé de maltraitance sévère dans ses établissements pour personnes âgées en France.

Le groupe Orpea "aurait soumis une demande d’agrément pour ouvrir sa première maison de soins à Merl prévue en mars 2022. Une deuxième résidence serait d’ores et déjà annoncée à Strassen", révèle le CSV.

C'est dans ce contexte, que les deux co-présidents du groupe parlementaire, Martine Hansen et Gilles Roth, ainsi que le député Marc Spautz insistent de "voir convoquer une réunion de la Commission de la Famille et de l’Intégration" pour que Corinne Cahen, la ministre de la Famille, puisse fournir des informations supplémentaires sur ce dossier.

LE GROUPE ORPEA DANS LA TOURMENTE

Spécialiste français des cliniques privées et des maisons de retraite, le groupe Orpea, dont les pratiques sont dénoncées dans le livre "Les Fossoyeurs" publié mercredi, s'est développé dans l'Hexagone et en Europe depuis plus de 30 ans.

Créé en 1989 par le docteur Jean-Claude Marian, le groupe Orpea est devenu l'un des principaux acteurs mondiaux de la prise en charge de la dépendance. Présent dans 23 pays, principalement européens, il possède un réseau de 1.156 établissements qui comptent au total quelque 116.000 lits.

Parmi ces établissements se trouvent des maisons de retraite médicalisées (Ehpad), des cliniques de soins, des cliniques de psychiatrie. Le groupe est aussi actif dans les services permettant de maintenir les personnes âgées à domicile.

Les pratiques du groupe sont dénoncées dans un livre, "Les Fossoyeurs", du journaliste Victor Castanet. Il y décrit un système où les soins d'hygiène, la prise en charge médicale, voire les repas des résidents sont "rationnés" pour améliorer la rentabilité du groupe. Et ce alors que les séjours sont facturés au prix fort.

Orpea conteste ces accusations, qu'il juge "mensongères, outrageantes et préjudiciables".

"Nous ne sacrifierons jamais la qualité de l'accompagnement, la qualité des soins à quelque notion de rentabilité que ce soit", avait déclaré mardi son directeur général Jean-Christophe Romersi.

Les autorités belges ont lancé des inspections dans les maisons de retraite du groupe Orpea pour corriger d'éventuels dysfonctionnements ou problèmes de maltraitance tels que ceux mis en évidence en France dans une enquête journalistique sur ce gros opérateur du secteur.

Dans la région francophone de Wallonie, cinq des 19 établissements exploités par Orpea ont été visés jeudi par une "inspection inopinée" et chacune fera l'objet d'un rapport, selon la ministre régionale de la Santé, Christie Morreale (PS).