Pour juguler la pandémie, il faudra passer par la vaccination obligatoire d'une partie de la population, expliquent les experts.

"Jusqu'à la dernière minute, on a discuté pour définir notre avis" ont prévenu les experts, avant même que la conférence de presse ne débute... c'est dire si le sujet est épineux!

Ce vendredi, plusieurs experts du milieu médical au Luxembourg ont pris la parole. Ils ont été chargés par le Gouvernement d’élaborer un avis sur l'utilité de l’instauration d’une obligation de vaccination contre la COVID-19.

OBLIGATOIRE POUR LES PLUS DE 50 ANS, LES MÉDECINS ET CERTAINS EMPLOYÉS

Leur réponse est nuancée: pas d'obligation vaccinale pour tout le monde, mais plutôt une obligation ciblée.

Le groupe "se prononce pour une obligation vaccinale pour les 50 ans et plus" et pour les médecins qui travaillent dans les hôpitaux, les cabinets médicaux et qui rendent visitent aux gens. Mais aussi pour ceux qui font des ménages" résume le Dr. Gérard Schockmel, médecin spécialiste en maladies infectieuses (Hôpitaux Robert Schuman). 
"Au Grand-Duché les vaccins jouent un rôle très important vis-à-vis des décès. La vaccination à 2 doses protège bien contre les décès. Les plus jeunes ne courent pas un grand risque d'hospitalisation mais à partir de 50 ans le risque augmente", explique un des médecins. Il rappelle que le taux de vaccination (avec 2 doses) est de 86% chez les plus de 50 ans.

Le Dr Schockmel explique que la vaccination obligatoire ciblée doit se produire "le plus vite possible" et "pour deux ans" c'est-à-dire jusqu'au 30 juin 2024 parce que "le virus va continuer à circuler".

MIEUX SENSIBILISER À LA VACCINATION

RTL

"Toute une série des plus de 50 ans pourraient encore se faire vacciner", insiste le Dr Paul Wilmes, chercheur en microbiologie.

Quant aux moins de 50 ans, "Peu d'entre eux décèdent du Covid" admet volontiers le Dr Schockmel, mais il les encourage vivement à ne pas prendre ce virus à la légère. Il cite en exemple ceux appartenant à cette catégorie d'âge et qui sont malgré tout décédé, ou ceux que le virus a envoyé en soins intensifs", ce qui les a "marqué à vie".

D’après les observations des médecins hospitaliers, au 8 janvier 2022 :

  •  Quasiment aucun patient ayant reçu un rappel vaccinal (booster) et sans comorbidités sévères n’a nécessité une hospitalisation en soins intensifs.
  • Très peu de patients ayant reçu deux doses vaccinales et sans comorbidités ont dû séjourner en soins intensifs. Ceci revient à une protection extraordinaire contre les formes sévères de la maladie pour les personnes vaccinées préalablement en bonne santé.

"Moins le virus circule et plus vite on aura un allègement des mesures sanitaires. On veut arriver à un taux de vaccination de 90% pour ceux qui ne sont pas soumis à une obligation vaccinale", explique un autre expert.
"Quelqu'un qui se fait vacciner fait preuve de solidarité et d'empathie avec ceux qui l'entourent", glisse le Dr Claude Muller.

D'autant que l'Omicron change la donne, avec "deux fois plus de transmissibilité que Delta", assure le médecin. La protection vaccinale est moins bonne contre les infections mais toujours très bonne contre les complications, insiste-t-il.

LE CORONAVIRUS NE VA PAS DISPARAÎTRE

"Nous voulons protéger les vulnérables et que la vie redevienne normale", souligne le Dr Schockmel, expert luxembourgeois reconnu de l'EMA. Mais il ne faut pas espérer tirer un trait sur le coronavirus: "Il faut dire aux anti-vaccins qu'il ne vont pas être protégé par une immunité de groupe à terme. Dans les grand pays il y aura toujours des relances du virus. Il ne va pas disparaître. Il va persister et sera toujours réimporté dans les petits pays. Tout comme il est impossible de l'éradiquer".