Un collectif d'avocats anti-CovidCheck est prêt à lancer des recours en justice à partir du 15 janvier. Qui sont-ils et comment comptent-ils procéder concrètement?

Le collectif ASTREE (Avocats en soutien devant les tribunaux pour le respect et l'égalité du droit) s'est formé en opposition aux lois relatives au Covid et au Covid-Check. Il est constitué d'avocats luxembourgeois et du Grand Est.

L'instigateur du groupe, Anthony Winkel, raconte s'être posé la question suivante: "Qui s'occupe des non-vaccinés à l'heure actuelle?"

Il se présente ainsi en allié des employés qui ne remplissent pas les conditions du Covid-Check. Il craint que certains d'entre eux subissent une suspension de leur contrat de travail. D'autres pourraient être discriminés à l'entrée d'un commerce et "ces personnes-là, il faut bien que quelqu'un les défende".

Son alternative à la généralisation de la vaccination: rendre les tests plus abordables et plus accessibles. Pour lui, actuellement tout est mis en place pour mettre en difficulté les non-vaccinés.

Il regrette la position délicate dans laquelle vont se retrouver les employeurs: "entre le marteau et l'enclume". En effet, une des conséquences des recours en justice prévus à partir du 15 janvier par le collectif est la suivante: soit les employeurs respectent le Covid-Check et risquent d'être poursuivis par le groupe d'avocats, soit ils ignorent les nouvelles mesures prévues et encourent une amende.

Par ailleurs, l'avocat se dit prêt à rencontrer le gouvernement afin de discuter de l'obligation vaccinale qui selon lui va à l'encontre de plusieurs normes.

"IL FAUDRA QUE LE DÉBAT SOIT LANCÉ"

D’après Sébastien Lanoue, avocat à la cour au Luxembourg, "nous sommes aujourd’hui dans une situation qui s’installe juridiquement". Il craint que la loi instaurant le Covid-Check au travail, pour l’instant effective jusqu’au 28 février, ne soit prolongée. Pour lui, cela ne fait aucun doute: "Il faudra de toute façon à terme que le débat soit lancé". Ainsi, il demande à ce que la question suivante soit étudiée: la loi actuelle entre-t-elle en conflit avec la Constitution et les différentes normes européennes? Pour cela, il souhaite saisir le juge national afin qu’il compare les différents intérêts qui seraient en contradiction.

L'avocat admet que le processus qu'il compte enclencher sera "technique" mais pour lui le jeu en vaut la chandelle.

Il estime également que les nouvelles mesures ont été instaurées très rapidement et que toutes les questions n’ont pas pu être étudiées: "toutes les problématiques soulevées par cette nouvelle loi n’ont pas été envisagées".

Il précise qu’il comprend la volonté légitime de l’instauration de ces lois, qui était de protéger la santé de la population, mais il s’inquiète que d’autres intérêts aient pu être négligés.