Le patron des patrons et la présidente du premier syndicat du pays s'interrogent sur l'obligation vaccinale appliquée aux salariés. L'obligation du Covid-Check au travail dès ce samedi pour les 10% de non-vaccinés est un sujet de friction.

"Tant qu'il n'y a pas d'obligation vaccinale dans ce pays, il existe le droit de ne pas se faire vacciner. Et ce droit vaut également pour celui qui travaille. On ne peut pas simplement dire que celui qui n'est pas vacciné, ne peut plus aller au travail!", s'est énervée mercredi au micro de RTL Nora Back. La présidente de l'OGBL répondait à Michel Reckinger, le patron des patrons.

Le face-à-face a principalement porté sur la généralisation du Covid-Check au travail qui entrera en vigueur ce samedi pour tous les salariés au Luxembourg, jusque fin février. Autre grand sujet abordé, bien qu'il tombe au "mauvais moment" à cause du variant Omicron, était l'instauration de l'obligation vaccinale au Luxembourg. Un débat de consultation aura lieu au parlement sous huit jours, a promis mardi Xavier Bettel, Premier ministre.

L'OGBL a "toujours été pour la vaccination... mais volontaire", souligne Nora Back. La question de la vaccination obligatoire n'a pour le moment pas encore été tranchée à l'OGBL, mais le sera "dans les jours à venir" après réunion du comité national.

10% DE SALARIÉS NON VACCINÉS AU LUXEMBOURG

"Il y a plus de 90% de salariés vaccinés dans les entreprises", avance Michel Reckinger, président de l'UEL (Union des entreprises luxembourgeoises), satisfait que le débat sur l'obligation vaccinale "va enfin avoir lieu. Ça fait bien longtemps qu'il aurait dû être mené". L'UEL est pour une vaccination obligatoire, qu'elle soit généralisée ou sectorielle.

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Le patron des patrons "ne comprend pas comment il est possible aujourd'hui que dans les hôpitaux et maisons de soins des gens ne soient toujours pas vaccinés". Dans ces secteurs il est clairement en faveur d'une vaccination obligatoire. Pas question d'une obligation vaccinale sectorielle pour l'OGBL. "Si elle est décidée, la solidarité doit jouer à plein. Nous aurons alors besoin d'une cohésion nationale. On ne peut pas créer à nouveau des divisions entre les professions", pose Nora Back.

Si la vaccination obligatoire est décidée, "l'UEL ne s'y opposera pas", mais la question sera de la mettre en pratique. Michel Reckinger table sur le "prochain hiver" et posera beaucoup de questions, notamment celle des frontaliers qui travaillent au Luxembourg.

"PAS DE MANIÈRE ISOLÉE"

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C'est une des particularité du Luxembourg "la moitié des actifs sont des frontaliers", rappelle Nora Back. Elle estime que le Luxembourg ne pourra pas faire cavalier seul car "le Luxembourg est un petit pays et doit tenir compte de ce que feront les autres pays". "On ne peut pas imposer l'obligation vaccinale aux frontaliers. Elle n'apportera rien si nous en parlons de manière isolée" au Luxembourg, estime Nora Back. La n°1 de l'OGBL explique qu'en Belgique la discussion sur l'obligation de se faire vacciner "n'est pas imminente. Pareil en France. L'Allemagne a reporté son débat à la fin mars".

Le patron de l'UEL ne voit pas trop comment ça pourrait fonctionner: "Je ne vois pas comment une entreprise peut travailler si une partie de ses salariés sont soumis à l'obligation vaccinale, et l'autre non. Excepté si on conserve le régime 2G+".

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PAS DE TRAVAIL, PAS DE SALAIRE

Comme dit, le Covid-Check obligatoire dans les entreprise démarre ce samedi. Ce qui compliquera la vie des travailleurs non-vaccinés. Pour le patron des patrons, c'est simple. "Nous aimerions que les gens viennent travailler au maximum. Si quelqu'un de non-vacciné prend la décision de ne pas venir travailler et s'il ne travaille pas, il n'est pas payé", pose calmement Michel Reckinger.

À quoi Nora Back, excédée, répond: "Une quarantaine n'est pas un congé"! Ce n'est pas le salarié qui décidera car "une quarantaine est une décision médicale" et que "le gouvernement dit qu'un cas contact ne peut pas aller travailler".

"Non-vacciné ne veut pas dire qu'on reste à la maison, mais qu'on se fait tester", corrige Nora Back. Les salariés qui ne sont pas vaccinés ou guéris du Covid à compter de ce 15 janvier devront faire un test rapide antigénique certifié tous les jours ou un test-PCR qui restera valable durant 48 heures.

"90% (des salariés) respectent les règles et 10% non. Et à ces derniers on paie encore la quarantaine s'ils restent à la maison: bravo!", lance Michel Reckinger à Nora Back, en ajoutant: "Ce n'est pas notre façon de voir la solidarité".