La ministre luxembourgeoise de la Santé reconnaît que les vaccins actuels permettent "de garder la situation sous contrôle", mais ne freinent pas les contaminations. Son espoir: une nouvelle génération de vaccins.

"Le virus est imprévisible, il mute et le problème c'est qu'on ne sait pas dans quelle direction. Devient-il juste plus rapide? Plus pathogène ?", s'est interrogée à haute voix Paulette Lenert, ministre de la Santé, mardi devant les députés.

Au cours du débat sur le vote des nouvelles règles sanitaires entrées en vigueur ce mercredi au Luxembourg, la ministre de la Santé a abordé une question que se pose nombre de citoyens vaccinés ou non: quelle est aujourd'hui l'efficacité du vaccin dont nous disposons par rapport au nouveau variant Omicron ?

"Ce n'est pas aussi dramatique que ça pourrait l'être, mais pas non plus aussi bon que ça pourrait l'être", a concédé mardi la ministre de la Santé à la tribune de la Chambre des députés.

La ministre le dit: Il y a "un moins bon effet significatif de la vaccination en ce qui concerne la contamination", comme le montrent bien les chiffres élevés des nouveaux cas journaliers (3.835 cas le week-end passé, 961 cas lundi).  "Toujours plus de gens vaccinés sont infectés", ce qui montre "qu'on n'a pas un bon effet de l'actuel vaccin", ne cache pas Paulette Lenert.

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© SIP / Jean-Christophe Verhaegen

PROCHAINE GÉNÉRATION DE VACCINS EN ROUTE

À contrario, la génération de vaccins, avec lequel le Luxembourg est en train de "booster" sa population, est "très efficace" contre les formes graves du Covid-19, relève la ministre. Mais "moins efficace pour Omicron, que c'était le cas pour Delta". Mais "ça permet de garder la situation sous contrôle"... en attendant la nouvelle génération de vaccins.

"Nous attendons tous avec attention la délivrance d'autorisation d'une prochaine génération de vaccins qui couvriront mieux les nouveaux variants", a expliqué à la tribune Paulette Lenert. Avant de glisser: "Il y a des espoirs, mais pas encore de date précise".

Mais ça ne devrait plus durer trop longtemps à en croire Catherine Smallwood, responsable des situations d'urgence à l'OMS Europe. Elle a expliqué ce mercredi matin sur France Info qu''"il y aura des nouveaux vaccins. Il y en a déjà en période de recherche qui vont arriver sur le marché assez rapidement". C'est-à-dire "dans quelques mois".

"Une stratégie de vaccination basée sur des rappels répétés" des premiers vaccins "a peu de chances d'être appropriée ou viable", a indiqué mardi dans un communiqué le groupe d'experts de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) en charge de superviser les vaccins contre le coronavirus.

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DES VACCINS "BASÉS SUR DES SOUCHES PROCHES DES VARIANTS"

Les experts de l'OMS appellent à modifier la composition des vaccins pour s'assurer qu'ils protègent davantage contre la maladie et qu'ils continuent de répondre aux critères établis par l'organisation, y compris en matière de protection contre les formes graves du Covid. Ils demandent notamment que les vaccins "soient basés sur des souches (...) proches des variants en circulation".

Les experts jugent aussi important que "les fabricants de vaccins prennent des mesures à court terme pour développer et tester des vaccins contre les variants dominants et qu'ils partagent ces données" avec l'OMS.

L'organisation souhaite mettre fin à la pandémie cette année. Pour y parvenir, il faudrait que tous les pays vaccinent 70% de leur population d'ici la mi-2022, selon elle. Mais cet objectif est encore loin d'être atteint.

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