Le Luxembourg existe-t-il vraiment? Cette question peut sembler folle, mais en y regardant de plus près, il y a en effet de quoi s'interroger.

Le Luxembourg n'existe pas. C'est la conclusion à laquelle sont arrivés plusieurs étudiants belges lors d'une expérience sur le conspirationnisme.

D'après Matthieu Peltier, professeur de philosophie à Bruxelles, tout peut être prouvé. Lors de sa conférence au Cercle Cité dans le cadre de l'exposition "Gleef dat net...!", traduisez "Ne crois pas à ça...!", il démonte les mécanismes des théories du complot. L'exposition qui a pour but de mieux distinguer la réalité de la fiction a lieu jusqu'au 16 janvier.

RTL

C'est en 2018 que tout commence. Le professeur décide de mener une expérience auprès de ses étudiants: les amener à croire en la non-existence du Grand-Duché. "Avec son imaginaire de banques et des riches qui échappent aux impôts, le Luxembourg était une cible parfaite".

En effet, le professeur explique que les thèses complotistes véhiculent toujours l'idée de deux camps: une élite qui domine la population et les dominés qui lui sont assujettis.

Il introduit donc la thèse suivante: le Luxembourg aurait été inventé de toutes pièces par une élite riche et puissante afin d'avoir un État auquel tous les citoyens contribuent, sauf elle-même.

SEMER LE DOUTE

Ainsi, il sème le doute auprès de ses élèves en leur présentant une multitude de faits avérés qui démontreraient que le Luxembourg n'a jamais existé:

"Le Luxembourg c'est les grandes banques, c'est un pays qui est très riche par habitant et c'est aussi beaucoup d'entreprises qui n'ont pas d'activités réelles, pas de salariés." Matthieu Peltier ajoute que c'est aussi un pays qui porte le même nom que sa capitale et qu'une province voisine. "Beaucoup de choses suspectes", conclut-il.

Le professeur explique que pour qu'une thèse complotiste ait du succès, il faut mélanger du vrai et du faux. Pour amener ses étudiants à croire en la non-existence du pays, il n'affirme jamais directement sa théorie. Il pose des questions, les surcharge d'informations et crée le flou nécessaire pour qu'ils arrivent d'eux-mêmes à cette conclusion.

D'après lui, c'est le caractère enchanteur des conspirations qui attire leurs défenseurs. À une époque où la religion est en déclin, croire en des théories alternatives comblerait ce besoin de croyance. Il n'a pas de solution miracle à cette problématique. Son conseil: "la prise de recul et le doute bienveillant".