Les députés luxembourgeois ont voté ce mardi en faveur des mesures pour adapter la loi Covid aux nouvelles connaissances et éviter que l'absence de salariés ne plombe l'économie. Le CSV, principal parti d'opposition, exhorte le gouvernement à proposer vite un texte sur la vaccination obligatoire.

Adoptée le 19 décembre 2021, la dernière loi Covid vient d'être réadaptée pour la troisième fois en un mois. Les nouvelles mesures décidées par le gouvernement le 6 janvier et critiquées lundi par le Conseil d'État, ont été adoptées de justesse ce mardi par les 31 députés de la majorité gouvernementale (DP, LSAP, déi gréng) à la Chambre.

Trois changements principaux entrent en vigueur ce mercredi 12 janvier et ce, jusqu'au 28 février. Les personnes vaccinées mais positives resteront dorénavant en isolement six jours et non plus dix, comme jusqu'ici. Elles réaliseront un test antigénique rapide (TAR) le cinquième et le sixième jour et retourneront au travail le septième jour, s'il est négatif. Ceci, sur la base de la confiance.
Seront désormais dispensés du régime 2G+ les personnes "boostées", qui présenteront un schéma vaccinal complet de moins de six mois ou d'un certificat de rétablissement. Enfin le certificat de vaccination sera dorénavant valable neuf mois au Luxembourg, comme partout en Europe.

-> Les nouvelles mesures expliquées par Paulette Lenert

Passer de dix à six jours d'isolement, "c'est une réduction de 40%" de la durée d'isolement, souligne le Premier ministre Xavier Bettel. Et "c'est essentiel pour que le pays puisse continuer à fonctionner", glisse-t-il à la tribune.

"PAS DE TSUNAMI DANS LES HÔPITAUX", MAIS...

La forte contagiosité du variant Omicron fait craindre que des secteurs-clés "atteignent leur limites à cause de beaucoup de malades (parmi les salariés)", explique Mars Di Bartolomeo, rapporteur du projet de loi, avant de citer la Santé, les soins, la police. La grande crainte étant que l'évolution de la pandémie "paralyse les services essentiels dans nos hôpitaux", comme le relève Paulette Lenert, et ne conduise à un nouveau confinement généralisé.

D'autant que les indicateurs sont au rouge au Luxembourg en ce moment avec un "doublement des nouvelles infections sur sept jours" et une tendance qui va "dans la même direction dans les autres pays: nous sommes toujours plus bas que la France et le Danemark. Mais plus haut que la Belgique et l'Allemagne", explique Paulette Lenert.

La "bonne nouvelle" est que "nous n'avons pas de tsunami dans les hôpitaux" au Luxembourg, lance Xavier Bettel. Preuve que "les décisions prises n'étaient pas 100% fausses", se défend la ministre de la Santé face aux nombreuses attaques portées dans l'après-midi par les députés de l'opposition.

LIMITE ATTEINTE POUR FAIRE LES TESTS

Les députés Claude Wiseler, (CSV), Jeff Engelen (ADR) ou encore Nathalie Oberweiss (déi Lénk) se demandent comment les citoyens peuvent encore s'y retrouver dans la jungle des nouvelles mesures qui se bousculent? "Cela crée beaucoup d'insécurité", estime le député chrétien-social qui dénonce aussi de "mauvaises campagnes d'information" de la part du gouvernement.

"Nous avions demandé des autotests gratuits via une motion. Quatorze jours plus tard, on met en place des autotests pour sortir de l'isolement!", lance Claude Wiseler pour souligner le manque de logique de la politique gouvernementale. À quoi la ministre de la Santé répond que "si nous travaillons avec des autotests rapides, c'est parce que nous avons atteint nos limites (humaines). Nous avons atteint nos limites et ne le cachons pas !" Impossible donc, pour le Luxembourg, de répondre aux trop nombreuses demandes de tests, concède la ministre de la Santé.

Pour le CSV, "les tests chez soi, doivent devenir aussi évident que de se brosser des dents. Et pour cela on a besoin d'autotests". Paulette Lenert assure que le pays a "assez de doses de vaccins jusqu'après les vacances de février".

LA VACCINATION OBLIGATOIRE SE CONCRÉTISE

"Un vacciné sur huit non-vaccinés se trouvent parmi ceux qui sont arrivés en soins intensifs, ces deux dernières semaines", n'a pas manqué de mettre en avant le Premier ministre à la tribune du parlement. Paulette Lenert ajoutant: "On ne peut disposer de faits plus limpides", sous-entendu pour convaincre ceux qui n'auraient pas encore sauté le pas de la vaccination. Xavier Bettel enfonce le clou en dévoilant que "les huit personnes décédées le week-end dernier n'étaient pas vaccinées".

Pour Josée Lorsché (déi gréng) la vaccination "protège aussi d'Omicron" et "reste la voie royale pour combattre le virus". Qu'importe le nombre de fois qu'il faudra adapter les mesures, 'la question est pourquoi presque un quart de notre société est contre la vaccination ?"

Pour l'ADR, la nouvelle loi "est un nouveau pas vers une vaccination obligatoire qui ne donne pas son nom", a lancé Jeff Engelen. Pour le député la question est plutôt "de savoir combien de fois faudra-t-il se faire vacciner pour ne pas être exclu de la société et de la vie professionnelle?"

Le CSV a profité de la tribune pour redire qu'il est favorable à une vaccination obligatoire généralisée: "Nous ne devons pas perdre de temps! Nous aimerions que le gouvernement prenne une décision aussi vite que possible!", lance Claude Wiseler en rappelant que Xavier Bettel avait annoncé un texte pour la mi-janvier dans son discours de nouvel An.

L'avis du groupe des cinq experts arrivera cette semaine espère Xavier Bettel. Il propose de venir aussitôt devant la commission de Santé de la Chambre pour en discuter. Et aimerait que le débat de consultation sur la vaccination obligatoire généralisée ait lieu "la semaine prochaine, mercredi ou jeudi".