La Commission Nationale d’Éthique (C.N.E.) estime que dans tous les cas les mesures de discrimination positive en faveur des personnes vaccinées et des personnes guéries sont parfaitement envisageables.

En effet, celles-ci permettent de mettre en place une obligation vaccinale passive ou indirecte, conforme aux principes de non-malfaisance et de bienfaisance.

Alors qu'il est clair que la vaccination contre le coronavirus n’est pas le seul moyen de lutte contre le fléau pandémique, la C.N.E. estime que la vaccination du plus grand nombre est l’allié le plus approprié dans la lutte pour le maintien de la santé publique et, étant actuellement sans alternative, elle est ainsi incontournable. Il s'agit d'une évidence scientifique. Cette pandémie ne pourra définitivement cesser que lorsque tous seront vaccinés, guéris ou décédés. Elle ne permettra à personne d’éluder ce choix macabre.

Face à l’actuelle stagnation du taux de vaccination, il paraît aussi évident que des mesures supplémentaires, telles que celles annoncées par le Gouvernement en date du 29 novembre 2021 devront être mises en œuvre, et ce même au prix d’augmenter la pression sur les personnes qui n’ont pas encore été vaccinées. Par ailleurs, force est de constater que l’agacement silencieux des personnes vaccinées qui constituent une large majorité s’oppose à une agressivité grandissante d’une minorité anti-vax bruyante.

Selon la C.N.E., le durcissement des restrictions au détriment des personnes non-vaccinées et non guéries constitue effectivement, pour le moment, une autre facette de l’obligation vaccinale indirecte ou passive.

À plus ou moins long terme, en cas de stabilisation ou même d’aggravation de la situation sanitaire, l’obligation vaccinale active ou directe serait de mise et justifiable par les mêmes arguments éthiques, sociaux, économiques et sanitaires que ceux énoncés pour l’obligation vaccinale passive ou indirecte.

En effet, pour une large majorité des membres de la C.N.E., s’appuyant sur des arguments d’éthique et de prise en compte des données scientifiques disponibles à ce jour, le choix sociétal et politique d’une vaccination obligatoire active ou directe pour tous est une option méritant d’être considérée, à condition que toute personne ait pu choisir individuellement de se faire vacciner avant l’entrée en vigueur d’une telle mesure.

En conclusion, la C.N.E. est d'avis que l’obligation vaccinale active/directe pour les personnes majeures, éthiquement argumentée, démocratiquement décidée et légalement encadrée est parfaitement justifiable de tous les points de vue.