Le parquet enquête sur les incidents survenus samedi en marge d'une manifestation contre les mesures Covid. Le rapport de la police est attendu par les autorités.

À cette heure, le parquet n'a pas lancé de poursuites judiciaires après les incidents survenus au cours de la manifestation de samedi.

Contacté par RTL, le porte-parole de la justice a précisé que le parquet n'a pas encore été saisi de faits tels que les infractions aux règles Covid, le jet de barrières au marché de Noël ou encore les dégâts infligés à une voiture en rayant sa carrosserie.

La police doit maintenant enquêter et identifier d'éventuels suspects qui pourraient être reliés à des délits concrets, et entendre des témoins. Puisque ses membres n'étaient pas sur le terrain, le parquet doit attendre les rapports de la police. Il ne prendra donc pas position à ce stade. Mais le ministre de la Sécurité intérieure, Henri Kox, a annoncé dès dimanche des enquêtes de police.

L'ÉTOILE JAUNE, LE SYMBOLE DE TROP

La Fondation pour la mémoire de la Shoah critique sévèrement les incidents du week-end ainsi que l'usage abusif de l'étoile juive. La Fondation rappelle que l'étoile jaune a été utilisée par les nazis pour persécuter les juifs dans le but de les exterminer.

Ne pas vouloir se faire vacciner ou être contre les mesures, ce serait "une chose", selon le président de la Fondation, Laurent Moyse, interrogé sur RTL. Comparer cela avec l'extermination de près de six millions de juifs pendant la deuxième guerre mondiale, serait inacceptable.

Penser que les mesures Covid seraient le point de départ d'un régime totalitaire ou fasciste, serait "des conneries", selon Laurent Moyse.

Les nazis avaient dès le départ une idéologie claire. Aujourd'hui, nous sommes dans une démocratie "où chacun peut s'exprimer". Cependant, à côté des droits, il y aurait aussi des obligations et pendant une pandémie, nous serions sollicités collectivement. Un appel est lancé aux autorités à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour faire cesser de tels agissements.

LA POLICE A "BIEN AGI"

La police aurait bien réagi, en apaisant la situation et en s'assurant que personne ne soit blessé. Les autorités communales devraient cependant veiller maintenant avec la police à ce qu'il n'y ait plus de violence à l'avenir lors de manifestations, s'est exprimé le conseiller communal vert, François Benoy, en réaction aux débordements de samedi.

François Benoy était lui-même présent à Luxembourg samedi pendant la manifestation: "Par sa présence, la police a pu désamorcer la situation, de manière à ce que rien de pire ne se produise. Et la mairie aussi a bien réagi, en fermant à temps le marché de Noël. Mais même s'il s'agissait seulement d'une minorité, il serait clair à présent  qu'il y aurait une disposition à la violence parmi la population. Il faudrait par conséquent que la police se prépare encore mieux à de telles situations, de manière à ce que ces gens n'arrivent plus jusqu'au marché de Noël."

À lire également - Les autorités réagissent avec fermeté aux incidents de samedi

Lors d'une réunion avec le ministre de la Sécurité intérieure, Henri Kox, et des représentants du parquet, le collège des bourgmestre et échevins de Luxembourg a discuté lundi de la manière d'encadrer des manifestations, qui ne sont pas officiellement enregistrées auprès des autorités, sans que le marché de Noël ne doive subitement être fermé et les rues barrées: "Le collège échevinal aurait dit clairement à la direction de la police que les mesures nécessaires devraient être prises pour protéger au maximum les citoyens de la Ville, tout comme les stands et les visiteurs du marché de Noël, lors des futures manifestations."

Mais ni la police ni la mairie ne pourraient annuler de telles manifestations, selon le conseiller communal. Il faudrait dès lors les encadrer de telle façon qu'une situation telle que celle de samedi dernier, ne se répète pas.