La manifestation qui a semé le trouble samedi à Luxembourg-Ville avait été évaluée "hautement" en amont par la Police, qui ne "devait pas surréagir", a expliqué dimanche le ministre de la Sécurité intérieure. Des enquêtes visent les plus radicaux.

"La radicalisation qui se produit est analysée à différents niveaux. Des analyses et rapports seront faits pour que les autorités judiciaires disposent de tous les éléments et puissent prendre des mesures", a posé ce dimanche matin Henri Kox. En promettant: "Nous allons combattre la radicalisation avec toutes ses conséquences!"

Réaction Henri Kox suite aux débordements 05/11/2021
Le ministre de la Sécurité intérieure réagit suite aux débordements de samedi à Luxembourg-Ville

Quelques heures à peine après la manifestation qui a dégénéré samedi au cœur de la capitale luxembourgeoise, le ministre de la Sécurité intérieure, entouré du directeur général de la Police grand-ducale, Philippe Schrantz, et du responsable des opérations policière la veille, Thierry Fehr, a fait le point devant la presse et répondu à une interrogation récurrente sur les réseaux sociaux, à savoir pourquoi la Police n'est pas intervenue lors des débordements samedi ?

Le mode opératoire de la Police devra être adapté à l'avenir, concède le ministre en charge de la Sécurité intérieure du pays qui se défend toutefois de n'avoir rien vu venir. "Cette manif a été évaluée "hautement" et nous avions mis en place un dispositif policier conséquent, avec des renforts venus de tout le pays", assure Henri Kox.

"NE PAS SURRÉAGIR EN PRÉSENCE DE FAMILLES"

Il avoue à demi-mot que le niveau des débordements et l'ampleur de la présence d'éléments radicaux, extrême-droite comprise, étaient très compliqué à cerner cette fois. D'autant que jusqu'ici "toutes les manifestations au Luxembourg durant la pandémie, et nous en avions beaucoup (référence aux marches blanches), étaient toujours très pacifiques".

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Mais la manifestation plus virulente de samedi "n'était pas une manifestation classique, discutée en amont, mais un appel via les réseaux sociaux suivie par des gens", explique le n°1 de la Police, Philippe Schrantz. Non contactée en amont par des organisateurs, la police était moins bien préparée cette fois. Et face à la situation qui dégénère, sans qu'il y ait de blessés, les policiers étaient plus que sur leur garde.

Réaction Schrantz débordements 05/12/2021
Le directeur général de la police réagit suite aux débordements de samedi

"Au marché de Noël, il y a des familles avec des enfants", rappelle le responsable des opérations. Et dans ce contexte délicat, "nous ne devions pas surréagir avec le risque de dégâts irréversibles. En permanence nous devons adapter notre réaction".

Philippe Schrantz souligne les missions premières de la Police: "L'ordre public dot être maintenu, c'est notre mission principal", et "nous devons vérifier que des tierces personnes ne subissent pas de dégâts".

LYDIE POLFER: "JE N'AI JAMAIS VÉCU AUTANT DE TENSION"

La bourgmestre de Luxembourg-Ville a expliqué dimanche matin dans une interview accordée à RTL qu'elle n'avait "jamais vécu autant de tension depuis le début de sa carrière politique". Lydie Polfer revient également sur les décisions prises lors de l'arrivée des manifestants au centre-ville:

Réaction Lydie Polfer débordements de samedi 05/12/2021
La bourgmestre de Luxembourg-Ville Lydie Polfer avoue "ne jamais avoir vécu de telles tensions" depuis le début de sa carrière politique

XAVIER BETTEL ET CORINNE CAHEN EN LIEU SÛR

Ce qui n'a pas été complètement évité samedi. Des centaines de manifestants se sont rendus devant le domicile du premier ministre - Xavier Bettel a réagi ce dimanche matin - pour jeter des œufs sur la façade de la maison et rayer une voiture garée devant la porte. Mais "le Premier était en sécurité à tout moment", a assuré le ministre Henri Kox.

La ministre de la Famille, Corinne Cahen, qui vit non loin de là a également été transportée en lieu sûr avec toute sa famille. "Nous avons parlé avec la ministre pour qu'elle ne reste pas chez elle. Elle n'était pas présente à son domicile pendant les événements", a assuré le directeur général de la Police.

Philippe Schrantz rapporte que "des gens sont venus de l'étranger, mais pas nous ne savons pas combien pour le moment". Une "analyse intensive" des débordements est "en cours pour être mieux préparé et de manière plus ciblée". Y compris avec les instances de la Ville de Luxembourg.

Les sanctions suite aux débordement seront "des contraventions liées à la loi Covid et concerneront la destruction de biens privés et d'autres actes, mais devons attendre ce que les gens nous signalerons encore", glisse Thierry Fehr.