L'appel au rassemblement samedi après-midi a été lancé par plusieurs groupes sur les réseaux sociaux. Le départ a été donné à 14 heures, puis des tensions ont éclaté entre la police et les manifestants près de la Gëlle Fra.

Selon la police, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées dans le secteur du parking du Glacis à Luxembourg-Ville afin de protester contre les "mesures liberticides" prises par les autorités depuis plusieurs mois dans le cadre de la lutte contre la propagation du coronavirus. Les organisateurs ont demandé aux participants de faire preuve de calme et notamment "de ne pas se laisser provoquer".

Des tensions ont finalement éclaté vers 15h30 à hauteur du marché de Noël situé place de la Constitution, autour de la Gëlle Fra où certains participants à la manif ont ensuite renversé plusieurs barrières afin de pénétrer sur le site sans montrer patte blanche à l'aide d'un certificat ou du CovidCheck.

Débordements au marché de Noël 04/12/2021
Des tensions ont éclaté entre police et manifestants place de la Constitution et place d'Armes

DÉBORDEMENTS

Après un passage devant la Chambre des députés, le même scénario s'est produit sur le marché de Noël à la place d'Armes, où les manifestants ont à nouveau forcé les barrières pour se retrouver sur une place vide. Les marchés de Noël ont été provisoirement fermés au public par mesure de précaution suite aux tensions observée tout au long du cortège. Selon des témoins sur place, plusieurs pétards ont explosé dans différentes rues de la capitale. Les marchés de Noël ont finalement pu rouvrir et accueillir les visiteurs en début de soirée.

Après le retour du cortège vers le Glacis, plusieurs centaines de personnes ont pris la direction du domicile du Premier ministre où les manifestants ont demandé sa démission en le traitant de "menteur". Comme on peut le voir sur des photos publiées par le mari du Premier ministre sur les réseaux sociaux, des œufs ont été jetés sur la façade du domicile de Xavier Bettel, où au moins une voiture a également été griffée par des inconnus.

Un supermarché situé sur le trajet du cortège a dû fermer ses portes au passage des manifestants, plusieurs clients étaient encore bloqués à l'intérieur de l'établissement.

RTL

La vaccination, le CovidCheck (pass sanitaire au Luxembourg) ou encore les mesures plus sévères sur le lieu de travail annoncées cette semaine étaient au cœur des messages des manifestants qui, comme lors des marches blanches, dénonçaient une privation de libertés pour les personnes qui ne souhaitent pas suivre les recommandations des autorités.

Dans son dernier bulletin officiel, la police fait état de plusieurs incidents, sans gravité, et confirme la fermeture préventive de plusieurs marchés de Noël notamment ceux de la place de la Constitution, de la place d'Armes et de la place de Paris. La circulation dans la capitale a été fortement impactée par les manifestants qui sont restés plusieurs heures dans les rues de Luxembourg-Ville.

Les participants critiquent également les mesures prises dans les écoles ou concernant les enfants, qu'ils veulent "protéger" de la "dictature sanitaire". Toutes ces raisons ont donc poussé les manifestants à défiler dans la capitale afin de faire comprendre aux autorités qu'ils ne sont pas d'accord avec les décisions prises ces dernières semaines.

Manifestation à Luxembourg-Ville 04/12/2021
Plusieurs milliers de personnes réunies pour contester les mesures sanitaires prises par les autorités luxembourgeoises ce samedi

RÉACTIONS

Plusieurs personnalités politiques ont réagi suite aux différents débordements, notamment aux dégradations observées au domicile du Premier ministre.

Sur Twitter, le ministre François Bausch (déi Gréng) a défendu les libertés d'expression et de manifester tout en condamnant fermement le vandalisme, les agressions et les menaces.

Mars di Bartolomeo, député socialiste, avoue que sa tolérance a des limites. "Lâchement masqués sur la Gëlle Fra mais sans masque devant le virus".

Le député Sven Clement (Pirates) a retweeté la réaction d'un urgentiste luxembourgeois qui "en a ras-le-bol".

Yves Cruchten, président du LSAP, déclare qu'il s'agit "d'une honte".