Près de 350 personnes s'étaient inscrites pour assister mercredi soir à la réunion citoyenne sur la sécurité dans le quartier de la Gare. La bourgmestre de Luxembourg, Lydie Polfer, et le ministre de la Sécurité intérieure, Henri Kox, étaient là.

La député-maire de Luxembourg, Lydie Polfer, a commencé par s'excuser auprès des citoyens pour les problèmes dans la distribution des invitations. Un certain nombre de ménages n'en auraient pas reçu.

La situation dans le quartier de la Gare serait inacceptable, selon Lydie Polfer. Elle voudrait trouver une solution avec les riverains. Le plus gros problème serait le trafic et la consommation de stupéfiants dans le quartier. Les détritus abandonnés dans les rues par les clients et les trafiquants et les personnes qui bloquent les portes d'entrée,  dérangeraient également les riverains.

NOUVELLES MESURES PRÉVENTIVES ET RÉPRESSIVES

Pour y remédier, la police, déjà plus présente, va obtenir de nouveaux moyens pour intervenir et déloger les sans-abri étendus devant les portes d’entrée. Les sans-abri qui bloquent les portes restreindraient la liberté des résidents, selon le ministre de la Sécurité intérieure, Henri Kox. Ce serait un droit de l’homme d’avoir accès à la porte de son domicile. Par conséquent la police aura dorénavant le droit de dégager les accès aux portes d’entrée, quand ils sont occupés par des personnes.

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Une étude est en cours sur la vidéosurveillance dans la capitale. Il s’agit de vérifier s’il faut ajouter de nouvelles caméras et si les caméras déjà installées sont efficaces là où elles sont. L’étude sera finalisée fin 2021 ou début 2022. Le ministre affirme toutefois que si les caméras aident à élucider des incidents, elles ne seraient pas la clé pour apporter plus de sécurité. Des caméras seraient installées depuis des années déjà et elles n'auraient pas amélioré la situation dans le quartier.

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Au cours de la réunion, il a été affirmé et réaffirmé que la police fait son travail. Environ 700 contrôles par mois seraient effectués dans le quartier, auxquels il faudrait ajouter 560 contrôles de personnes, d'après les bilans réalisés pour 2020 et 2021.

Ces deux derniers mois, la police aurait en outre accumulé quelques 700 heures de présence dans le quartier, parce que cela avait été réclamé par les riverains. Parmi les autres mesures annoncées par le ministre de la Sécurité intérieure, citons des caméras-piétons pour les policiers et des équipes cynophiles.

BEAUCOUP D'ÉMOTION ET D'INQUIÉTUDE

Les riverains et les commerçants du quartier ont pris la parole. Le problème à la Gare est réel. L'insécurité est grande, les gens ont peur pour leurs enfants et ne se sentent pas bien. Ils voudraient voir les policiers agir et pas seulement se promener. Les horaires d'ouverture du commissariat local ont aussi été critiqués. Il ne serait pas acceptable de devoir prendre un rendez-vous par téléphone pour signaler un incident.

Voici quelques déclarations de riverains:

"Pour vous illustrer ce qui se passe: il y a quelques mois, les pompiers ont déménagé de la caserne. Mon épouse s'est mise au coin de la rue de Hollerich pour voir le défilé. Deux voitures se sont arrêtées et ils ont baissé la vitre pour demander combien elle prenait. C'est ça le quotidien de la gare."

"Ce qui n'a pas été dit ici, c'est que la prostitution et la consommation de drogue ne seront jamais éradiquées. Une expulsion aura seulement pour effet de déplacer les problèmes dans un autre quartier. Et je pense qu'alors il faut être honnête et dire "nous ne voulons pas que la drogue et la prostitution aillent dans un autre quartier," Vous aimeriez que la drogue et la prostitution restent à la Gare."

"Dans d'autres grandes villes, où je suis allé, je voyais la police en permanence, matin, midi et soir et c'était en quelque sorte normal. Et ici, c'est toujours "ah ah en voilà un, comme c'est gentil, tiens en voilà encore". Ils doivent se déplacer constamment dans les rues, sinon cela ne donne rien au niveau de la visibilité. Alors ça ne marche pas, je suis désolé."

Outre des témoignages sur le quotidien dans le quartier de la Gare, un riverain a exprimé une revendication claire: il faut recruter à nouveau une société de gardiennage privée. Cette revendication, un certain nombre de citoyens l'ont répétée aux journalistes de RTL présents à la réunion.

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