Pour pouvoir procéder numériquement pour tout ce qui concerne la consultation chez le médecin, il manque surtout la signature électronique, regrette l’AMMD.

Pour l'Association des médecins et médecins dentistes (AMMD), la signature électronique serait la solution pour pouvoir faire numériquement toute la procédure, du paiement à la prescription et l'arrêt maladie en passant par le remboursement par la Caisse nationale de Santé (CNS). Mais jusqu'à présent, l’Agence eSanté y fait obstacle.

La principale critique de l’AMMD est que l’Agence de Santé ne reconnaîtrait pas l’importance de la signature électronique, alors qu’il s’agirait d’une obligation juridique, qu’elle rendrait les transmissions digitales plus sûres et permettrait de faire plus de démarches en ligne, selon le docteur Alain Schmit.

"Il ne s’agit pas seulement d’un remboursement accéléré, comme il est effectivement en place maintenant, mais notre point de vue était dès le départ que le patient puisse disposer librement de ses documents via une appli’, qu’ils soient validés et stockés dans un "dossier de soins partagés", que vous pourriez échanger avec votre médecin de confiance, avec lequel vous pourriez aller à la pharmacie, avec vos documents signés. Tout cela donne au patient une liberté énorme, qui n’est pas possible dans le système tel qu’il est pensé maintenant par l’Agence. "

Les médecins auraient une très bonne expérience avec leur propre appli’, "GesondheetsApp". Le délai de remboursement aurait été réduit de deux mois à deux jours, selon Alain Schmit. L‘Agence eSanté ferait malgré tout des difficultés. L’AMMD reproche à l’Agence sa mauvaise volonté, car elle n’aurait pas été invitée à une réunion sur les prescriptions numériques.

"Ils ont invité les hôpitaux, ils ont invité les laboratoires, mais ils ne nous ont pas invités. Et j’y suis quand même allé, car j’ai appris que cette réunion devait avoir lieu. J’ai été noté en tant que non-invité dans le compte-rendu de la séance. J’ai fait une intervention à la fin, où j’ai dit : dans cette heure trente de présentation de l’Agence, nous avons entendu 100 fois le mot "le docteur", "le prescripteur", c’était précisément justement celui-là qui n’était pas invité et je le regrette profondément. C’est le seul commentaire que j’ai fait et il ne s’est pas retrouvé dans le compte-rendu."

L'intérêt pour la procédure électronique serait bien présent. Environ 7.000 patients des 100 médecins qui proposent l'offre numérique, auraient téléchargé l'appli'. Et près de 10.000 mémoires d'honoraires auraient déjà été payés électroniquement.

Mais pour l'instant, le fonctionnement est fastidieux, car plusieurs codes sont demandés de même que la vérification via le système Luxtrust, et souvent les patients n'auraient ni le Token ni les codes sur eux quand ils vont consulter le médecin.

Avec pour conséquence que le système ne peut pas être utilisé. L’AMMD voudrait trouver une solution à long terme pour les patients, selon son président, le docteur Alain Schmit.

La balle serait à présent dans le camp des responsables politiques, car "avec les fonctionnaires de l'Agence eSanté, nous avons renoncé", ajoute l’AMMD. Les médecins ignoreraient pour l'instant comment poursuivre.