Le Luxembourg dispose de plus de 5.000 hectares de réserves foncières, dont 3.750 pourraient être destinés au logement, selon Claude Turmes, ministre de l'Aménagement du territoire.

Il y aurait suffisamment de terrains constructibles pour bâtir environ 142.000 logements pour plus de 300.000 habitants supplémentaires au Grand-Duché, selon les estimations établies dans un rapport présenté lundi par le Département de l'Aménagement du territoire. Ce serait une priorité politique, à mener avec les communes et les citoyens.

Le Luxembourg dispose de plus de 5.000 hectares de réserves foncières, dont 3.750 pourraient être destinés au logement, selon le ministre de l'Aménagement du territoire, Claude Turmes.

"Ces chiffres sont impressionnants. Nous avons des surfaces dans les périmètres de construction pour plus de 300.000 personnes. C'est un message clair qu'il n'est pas nécessaire d'agrandir les périmètres et de détruire encore davantage de nature pour résoudre le problème de la construction de logements au Luxembourg", avance Claude Turmes.

Le logement représente 64% des réserves foncières. Suffisamment de terrains pour les 26 prochaines années. L'étude a été réalisée en collaboration avec 89 communes.

DENSIFIER AVANT DE BÉTONNER

"Nous avons ces surfaces dans la Ville de Luxembourg et ses environs, nous en avons dans le Sud, mais aussi dans la Nordstad. Nous en avons aussi beaucoup dans les "sites centraux", c'est-à-dire dans les localités que nous souhaitons développer. Il s'agit par exemple de Redange-sur-Attert, Junglinster, Echternach, Grevenmacher ou Clervaux. Cela signifie que nous avons du terrain dans tous les bons endroits", explique le ministre de l'Aménagement du territoire.

Dans un premier temps, il s'agit avant tout de remplir les terrains non construits. Densifier avant de bétonner de nouveaux espaces verts.

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© Luc Rollmann / RTL

"Ce sont en fait les terrains les plus avantageux à développer. De là le slogan: "Innen vor aussen" ( À l'intérieur avant l'extérieur). Cela signifie que nous développons à l'intérieur des localités plutôt qu'aux limites des périmètres. Cela a évidemment l'avantage que les coûts des infrastructures restent plus faibles, que les transports publics sont plus faciles à organiser et qu'il y a moins de surfaces vertes bétonnées et moins de nature détruite.“

TAXE ET IMPÔTS À VENIR

Quant au ministre du Logement, il espère une collaboration avec les communes afin de faire pression pour une plus forte mobilisation des terrains.

Henri Kox précise que "pour ce faire, nous devons garantir des instruments tels qu'une taxe, tels que l'impôt foncier et un impôt foncier national, pour mieux contrôler cette mobilisation. Mais aussi pour avoir la main mise là-dessus et mettre en place, avec la branche de la construction, avec les propriétaires, un remembrement afin qu'un lotissement puisse être créé. Les surfaces sont là. nous devons les mobiliser (...).“

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Les prix des logements ont augmenté en moyenne de 16,9% au Luxembourg entre 2019 et 2020. Une tendance provoquée moins par des investisseurs étrangers que des luxembourgeois. La moitié des réserves foncières du pays sont possédées par 3.500 personnes.

Le reportage en luxembourgeois de nos confrères de RTL: