Afin de pouvoir gérer correctement le problème des violences domestiques, le Centre Hospitalier Emile Mayrisch (CHEM) à Esch propose une formation spéciale à son personnel.

La violence à l'égard des femmes n'est souvent guère visible et pourtant elle se manifeste dans toutes les tranches d'âge et dans toutes les classes de la société. Les chiffres le montrent: environ 950 interventions de police et  280 expulsions pour violences domestiques ont été recensées au Luxembourg en 2020. Dans le cadre de l'"Orange Week", un événement destiné à mobiliser contre les violences faites aux femmes, le CHEM organise des formations spéciales pour son personnel.

La pandémie et le confinement ont aggravé la situation des femmes exposées à la violence. L'étendue précise du phénomène n'est pas claire, car de nombreux incidents ne sont pas signalés à la police. Le nombre de cas non recensés est élevé. Rita Duarte, responsable adjointe au service de psychiatrie du CHEM, explique les répercussions qu'a eu le confinement sur les femmes concernées: "Les gens étaient confinés, ils ont donc dû vivre ensemble. Leurs habitudes étaient différentes, ils ne pouvaient plus sortir et prendre un peu de repos. Et cela fait que la pression est devenue beaucoup plus forte, jusqu'à l'explosion et là nous avons eu beaucoup plus d'appels à notre centre de crise.“

Les femmes concernées sont issues de toutes les tranches d'âge et de toutes les classes sociales. Elles sont touchées par de la violence psychique et de la violence physique. Et pourtant cela reste un sujet tabou.

C'est pourquoi il est important de sensibiliser sur ce sujet, afin qu'il ne reste plus tabou. C'est ce que se sont dit aussi les responsables du CHEM, qui proposent une formation particulière à leur personnel.

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© Christophe Hochard (RTL)

Souvent pourtant les femmes concernées n'osent pas aborder le problème, parce qu'elles sont dépendantes émotionnellement ou financièrement de leur partenaire. La formation apprend au personnel comment aider ces femmes. Le plus important est d'instaurer la confiance avec les patientes.

Ensuite il y a plusieurs possibilités d'aider ... Rita Duarte: "Et quand il y a une base de confiance, nous regardons, de quoi avez-vous besoin? Comment pouvons-nous vous aider au mieux? De quoi avez-vous besoin? Avez-vous actuellement besoin de distance et pouvons-nous vous aider en vous hospitalisant quelques jours? Ou cela vous aiderait-il de rester en contact avec nous et de venir aux discussions ambulatoires?“

Si les patientes consentent à être aidées, le CHEM contacte des associations compétentes comme "Pro Familia" ou le "Foyer sud", qui peuvent continuer à prendre en charge les victimes.

La formation suscite beaucoup d'intérêt: 60 personnes s'y sont déjà inscrites. Elles proviennent de tous les secteurs de l'hôpital. Parmi elles, il y a Silvana Antunes, qui est infirmière: "La violence est un sujet tabou et nous ne sommes tout simplement pas conscients qu'il y a toujours autant de violence au Luxembourg et en Europe et voilà, c'est pour me faire vraiment une idée à quel point c'est grave actuellement au Luxembourg.“

Dans le cadre de l'"Orange Week", qui se poursuit jusqu'au 10 décembre, au CHEM, patients et visiteurs sont sensibilisés contre les violences faites aux femmes.

Mais c'est un sujet qu'il faut mettre en lumière et combattre bien au-delà de l'Orange Week. Toute personne victime ou témoin de violences, doit contacter le 113 ou consulter le site violence.lu ou encore appeler la helpline Violence au numéro 2060 1060.

Toujours dans le cadre de l'"Orange Week", une chaîne humaine était organisée jeudi sur la Place Guillaume II à Luxembourg. Plusieurs personnes se sont retrouvées sur le Knuedler et se sont pris la main pour sensibiliser contre les violences faites aux femmes et aux filles.

Le reportage en luxembourgeois de nos collègues de RTL: