S'il ne veut pas devoir courir après d'importants retards en matière d'infrastructures et de services d'ici quelques temps, le Luxembourg doit créer un fonds transfrontalier pour les développer.

Et si l'on remettait en cause les habitudes du Luxembourg? Mardi, la Fondation Idea présentait une série de projets en marge du budget 2022. Hier, nous évoquions la possibilité de revaloriser le crédit d'impôt monoparental pour l'accorder à davantage de parents isolés. Aujourd'hui, zoom sur le fonds de développement transfrontalier imaginé par Idea et censé sauver le Luxembourg... de lui-même.

L'économie luxembourgeoise dépend beaucoup de l'immigration de main-d'oeuvre et du travail frontalier. Il génère bien malgré lui une immense "métropole transfrontalière". Économiquement parlant, le Grand-Duché et la Grande Région sont en fait un "Grand Luxembourg", comme l'évoquait Idea il y a deux ans. Cet immense territoire est déjà là mais est morcelé et "ne dispose pas pour autant d’organes de coopération à cette échelle" estime la Fondation.

Si sa puissance économique continue de grandir - faisant gonfler son marché du travail, sa démographie et les besoins de toutes ces personnes - le Luxembourg pourrait être victime de son propre succès. Le rendant incapable de créer les infrastructures, équipements, logements, services publics et autres formations dont il a besoin des deux côtés de la frontière pour prospérer. La solution? Un fonds de développement transfrontalier.

L'EXEMPLE FRONTALIER... FRANCO-SUISSE

Évidemment, le Luxembourg ne devrait pas être le seul à alimenter cette enveloppe. L'Allemagne, la Belgique et la France mettraient eux aussi la main à la poche.

"Cela impliquerait notamment d’aller bien au-delà de la logique de "saupoudrage""
actuelle souligne Idea. Plutôt que de financer au compte-gouttes des projets en France ou de rendre plusieurs millions d'euros aux communes belges, la Fondation suggère de s'inspirer du développement du Grand Genève.

À cheval sur la France et la Suisse, ce territoire d'un million d'habitants et 500.000 emplois rassemble cantons, districts et départements frontaliers. Ses membres "travaillent ensemble dans les domaines de la transition écologique, la mobilité et l’aménagement du territoire" dans le but de soutenir leur développement. Ils forment un des territoires parmi les "plus dynamiques d’Europe" vantent-ils sur leur site internet. Et revendiquent plusieurs réalisations essentielles pour leurs habitants (tram, Léman Express) et objectifs urbains ou environnementaux (limiter l'étalement des villes, la pollution lumineuse...).

C'est dans cette direction qu'Idea veut pousser le Grand-Duché: construire avec ses voisins "une stratégie d’aménagement du territoire avec des priorités partagées, mais également de mettre des moyens en commun pour y parvenir".

Quelques projets déjà lancés (P+R et projets du rail en France) sont les prémices de ce fonds. Mais il reste de nombreux pas à effectuer avant de pouvoir dire que les quatre voisins ont pris de l'avance sur le fort développement économique luxembourgeois et ses contraintes.

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