Une aide temporaire et ciblées? Une baisse des taxes? Comment nos voisins européens font-ils face à la hausse des prix de l'énergie?

Comment sortir de cette spirale de hausse des prix? C'est la question à laquelle les ministres de l'énergie devront répondre ce mardi.

Claude Turmes et ses homologues européens se réunissent aujourd'hui au Luxembourg pour un Conseil des ministres centrés sur la flambée des prix. Leur objectif: empêcher la forte progression des prix de nuire davantage. Car entre la forte hausse des tarifs des carburants et celle de l'énergie de chauffage, la pression sur les budgets des ménages s'intensifie.

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ILS ONT PRÉVU UN CHÈQUE

Prix bloqués, baisse des taxes, chèque ou indemnité, aides ciblées... Face à la flambée des prix, plusieurs pays européens ont également pris des mesures diverses pour limiter l'impact sur le pouvoir d'achat et la facture des consommateurs.

La France, par exemple, a décidé d'octroyer un chèque de 100€ aux personnes touchant moins de 2.000€ par mois. Les frontaliers, dont la situation est plus spécifique, pourraient eux ne pas en profiter de cette indemnité inflation. Le pays a aussi décidé de geler les prix du gaz jusqu'à fin 2022 tandis que la prochaine hausse des prix de l'électricité en février sera limitée à 4% par une baisse de taxe. 
Début octobre, le gouvernement belge a décidé d'étendre jusqu'en mars 2022 le bénéfice du tarif social de l'énergie pour les foyers les plus pauvres. Cette mesure s'accompagne d'"un chèque énergie" de 80 euros envoyé dès l'automne à un million de familles.

Au Royaume-Uni, le gouvernement a annoncé il y a quelques semaines un fonds de 500 millions de livres afin d'aider les plus précaires à payer leurs factures d'énergie, notamment de chauffage, mais aussi à couvrir des dépenses d'alimentation et d'habillement.

La Pologne a prévu une enveloppe d'un montant maximal de 1,1 milliard d'euros pour 2022 afin d'aider notamment les retraités et les familles nombreuses face à la hausse des prix. Un foyer sur cinq sera éligible.

En Lettonie, environ 150.000 foyers parmi les plus modestes, ceux qui comptent un membre handicapé et les familles nombreuses recevront entre 15 et 20 euros par mois de novembre jusqu'à au moins fin 2022 pour payer leur facture d'électricité ou de gaz.

ILS ONT BAISSÉ LES TAXES

Le gouvernement allemand va baisser de près de moitié au 1er janvier la redevance sur les énergies renouvelables, une taxe qui concerne l'ensemble des consommateurs. La diminution sur la facture des Allemands sera proportionnelle à la consommation mais elle pourrait être compensée par une hausse sur d'autres composantes du prix de l'électricité, qui figure déjà parmi les plus chères en Europe, selon des analystes.

L'Espagne, plus dépendante du gaz pour sa production d'électricité que ses voisins européens, a agi dès juillet avec une baisse temporaire de la TVA sur l'électricité. Mais cette baisse a déjà en partie été absorbée par l'envolée des prix, et le gouvernement a présenté une seconde salve de mesures mi-septembre, dont une baisse temporaire de l'impôt spécial sur l'électricité et une limitation des bénéfices extraordinaires engrangés par les compagnies d'électricité.

Le gouvernement tchèque a, lui, supprimé la TVA sur l'électricité et le gaz pour novembre et décembre, et approuvé cette semaine une proposition de loi pour l'annuler également en 2022. Mais il doit pour cela obtenir l'autorisation de l'Union européenne.

L'Italie a annoncé en septembre une enveloppe totale de trois milliards d'euros. L'enveloppe permettra notamment d'exonérer les plus précaires de la hausse sur leur facture d'électricité. Quelque 2,6 millions de personnes bénéficiant d'ores et déjà d'un "bonus social" ne subiront pas la hausse des prix du gaz. Pour les autres, la TVA sera abaissée à 5%.