Surpris par l'impressionnant dispositif policier, un bon millier de mineurs polonais ont bruyamment défendu leur droit à une "vie normale et digne" ce vendredi devant la Cour de justice européenne au Kirchberg. Les manifestants se sont dispersés en Ville peu avant 13h00.

Près de 1.000 manifestants ont investi les rues du Kirchberg vendredi matin pour protester devant les bâtiments de la Cour de justice européenne (CJUE), puis de l'ambassade tchèque, près du Glacis, contre la fermeture de la mine de charbon de Turow en Pologne.

Une fermeture ordonnée par la CUEJ le 21 mai dernier à la demande de Prague qui dénonçait ses nuisances pour l’environnement sur son territoire.

Peu avant 13h00, la manifestation très bruyante et colorée par les drapeaux à l'effigie du puissant syndicat Solidarnosc s'est dissipée, sans qu'il n'y ait eu de heurt. La matinée a été pénalisante pour les salariés qui travaillent dans le quartier du Kirchberg.

Et les mineurs s'en sont excusés via un communiqué dans lequel ils expliquent se battre "pour une vie normale et digne" alors qu'ils sont confronté à "la perte de centaines de milliers d'emplois" et que la décision de la Cour plonge la région entière  au Nord-Est de Varsovie dans "la paralysie".

Manifestation devant la cour de justice
Polnesch Gewerkschaftler an Demonstranten hu sech wéinst engem Geriichtsurteel um Kierchbierg virum Europäesche Geriichtshaff versammelt.

Les autorités luxembourgeoises n’ont rien laissé au hasard et ont installé des barricades, mobilisé 830 policiers, des véhicules anti-émeutes et dressé un large périmètre de sécurité au Kirchberg mais aussi au Limpertsberg.

Sur place, notre journaliste a assisté à "une manifestation pacifique" qui se déroule "dans une ambiance bon enfant". Au final, après plus de 3 heures de démonstration de leur mécontentement, "aucun incident n'a été relevé", résume le CGDIS.

"C'EST UNE PROVOCATION"

Après avoir manifesté pendant plus de deux heures devant la Cour de justice européenne, les syndicalistes ont pris la direction du Limpertsberg.

L'objectif: se rassembler devant l'ambassade tchèque pour faire entendre leurs revendications. Un déplacement qui a "complètement bloqué" le boulevard John F. Kennedy d'après la police qui encadre l'ensemble du cortège.

Interrogés par notre journaliste, certains manifestants se sont montrés surpris de voir face à l'ampleur des mesures prises par les autorités luxembourgeoises. Des Polonais venus de Belgique parlent même "d'une provocation".

D'autres participants soutiennent que si la Pologne doit fermer sa centrale à charbon, cela devrait être le cas de tout le monde. "Pourquoi pas l'Allemagne?", ont-ils lâché.

"Nous sommes ici pour défendre les emplois et les revenus des salariés polonais" expliquent Katia et Emilia avant d'ajouter "si on ferme toutes les mines de Pologne, le pays dépendra des autres pour son énergie".

Peu avant midi, le cortège est arrivé devant l'ambassade tchèque située à proximité du rond-point Robert Schuman. Une délégation de syndicalistes y a été reçue une dizaine de minutes seulement. Après une brève allocution de leur leader syndical, les mineurs, main sur le cœur, ont entonné l'hymne national polonais avant de partir à la découverte de la capitale à pied.

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