Le ministre des Finances, Pierre Gramegna, a présenté mercredi matin le projet de budget de l'Etat pour 2022.

La normalisation après la crise sanitaire se manifeste également dans les chiffres du budget, a souligné mercredi le ministre des Finances, Pierre Gramegna, en déposant le projet de budget de l'Etat pour 2022 à la Chambre des députés.

Dès l'an prochain, le Luxembourg atteindra les objectifs budgétaires européens, selon le ministre des Finances. Le projet de budget est intitulé "Notre chemin de sortie de crise".

3,2 milliards d'euros d'investissements sont prévus pour l'an prochain, ce qui correspond à 4,4% du PIB. Une enveloppe de 765 millions sera consacrée à la crise climatique.

En raison du niveau élevé d'investissements, le budget présentera un déficit de 1,2 milliard d'euros en 2022, les recettes de l’Administration centrale se chiffrant à 22,3 milliards d’euros et les dépenses à 23,5 milliards.

L'Etat pourrait se permettre ce déficit au niveau de l'Administration centrale pour plusieurs raisons. La dette publique aurait très peu progressé par rapport aux autres Etats de la zone euro. En outre, les agences de notation ayant confirmé le triple A du Luxembourg, l'Etat pourrait se refinancer à des taux d'intérêt négatifs. Enfin, le moteur de l'économie serait relancé.

Si on considère l'Administration publique, qui englobe l’Administration centrale, les administrations locales et la Sécurité sociale, son déficit recule et le budget pourrait être proche de l'équilibre en 2022.

Pierre Gramegna a demandé de la compréhension pour le fait qu'aucune baisse d'impôts ne pouvait être décidée actuellement à cause du déficit.

La digitalisation va toutefois se poursuivre, avec une enveloppe budgétaire de 235 millions d'euros pour 2022.

228 millions d'euros seront consacrés à la création de logements abordables, ce qui représente une progression de 77% par rapport à 2021.

Selon le ministre des Finances, il ne faudrait pas accorder trop d'importance au fait que la dette publique ait progressé à cause de la crise pour atteindre 25,8% du PIB en 2021. Lancer une politique d'austérité serait faire fausse route. Pierre Gramegna a affirmé que la dette publique restera sous la barre des 30% du PIB et que les investissements ne seraient financés qu'à hauteur de 30% avec des capitaux étrangers.