Le Premier ministre a fait le point sur la situation du Luxembourg et une série d'annonces ce mardi devant le parlement. Un discours qui n'était pas forcément du goût du patronat, de l'opposition et des syndicats.

Face à la Chambre des députés, le Premier ministre Xavier Bettel a prononcé ce mardi son discours sur l'état de la Nation luxembourgeoise. Un discours résolument tourné vers l'avenir du Grand-Duché. "Notre chemin. Notre but" même, puisque c'est bien l'intitulé du discours.

Si l'écologie a pris une place importante dans cet état de la nation 2021, c'est bien la crise sanitaire et la situation sociale et économique qui restent le cœur du message.

Xavier Bettel a bien pris le temps d'évoquer plusieurs mesures - de l'absence de hausse d'impôts aux aides pour les ménages - mais son discours manquait "de concret" selon Michel Reckinger, président de l'Union des entreprises luxembourgeoises. "On nous a dit qu'il y aurait un chemin pour arriver à un but. Bon, on a eu quelques buts décrits, mais question chemin, pas grand-chose." Car pour les entreprises, c'est bien ce "concret" qui fera la différence. "Comment on arrive à la décarbonation dans les entreprises? Comment est-ce qu'on arrive à plus de logements? On n'a pas parlé des procédures dans le logement..." 

Nora Back, présidente de l'OGBL, pointe elle aussi ce manque de "concret". "Il manque vraiment des mesures définitives et décisives qui pourraient être mises en pratique dans les prochaines semaines, les prochains mois." La cheffe du plus grand syndicat du pays s'étonne notamment de la faible place accordée aux frontaliers après ces mois où l'on craignait pour leur indispensable présence. "Si on regarde un peu nos collègues frontaliers, qui viennent tous les jours travailler au Luxembourg et enrichir notre pays, on a aujourd'hui des mesures de politique familiale annoncées dont les travailleurs frontaliers ne peuvent pas bénéficier."

Patrick Dury, président du LCGB, salue lui la position volontariste du gouvernement, qui a promis de ne pas augmenter les impôts et de ne pas lancer une politique d'austérité. La tripartite annoncée est également bien accueillie. En revanche, il regrette clairement qu'un geste plus direct n'ait pas été esquissé vers les travailleurs et résidents les moins bien rémunérés. "On a parlé de l'absence d'augmentation des impôts, mais je m'attendais à un aménagement des impôts pour les bas et moyens salaires, par exemple une adaptation du barème des impôts à l'indexation" a-t-il confié à notre micro.

Claude Wiseler, qui dirige le premier parti d'opposition, a lui confirmé être "vraiment déçu": "Le Premier ministre a appelé son discours "Notre chemin, notre finalité". Je n'ai pas vu de finalités et certainement pas de chemin politique sur lequel il veut emmener le Grand-Duché de Luxembourg. J'ai vu un amas de petites propositions. Un cumul de propositions qui sont placées les unes à côté des autres mais sans vraiment que ce soit un projet. Pour moi, c'est vraiment décevant."

Finalement, du côté de la CGFP, le président Romain Wolff s'est lui concentré sur le CovidCheck, dont l'extension au monde de l'entreprise a été annoncée par le gouvernement. "Pour nous, c'est important maintenant de voir si cette loi, si ce projet va passer. Mais c'est une liberté qui est mise en question et ça, on n'aime pas du tout."