Décidé à "ne pas lâcher la pression" pour que soit corrigée définitivement la convention fiscale entre la France et le Luxembourg qui pénalise les frontaliers français, le syndicat luxembourgeois défilera à 15h00 sur les pavés de Metz, après une entrevue avec son maire.

La solution proposée par Bercy vendredi pour corriger l'effet pénalisant de l'impôt "surprise" créé suite à la nouvelle convention fiscale ratifiée entre la France et le Luxembourg, n'a pas calmé tous les esprits. Et encore moins les défenseurs des salariés et pensionnaires concernés.

Rappelons qu'une grande majorité des ménages de frontaliers français ayant des revenus à la fois en France et au Luxembourg, avaient eu la mauvaise surprise de devoir payer plusieurs centaines, voire milliers d'euros sur leurs revenus de 2020 au fisc français.

Les foyers touchés pourront "exceptionnellement solliciter, pour l’imposition de leurs revenus 2020 et 2021, l’application des stipulations de l’ancienne convention fiscale", a assuré le ministère de l'Économie français en fin de semaine passée"Ils temporisent pour cette année et l'année prochaine. Mais pour l'instant ils ne changent pas le processus", fait remarquer Christian Simon-Lacroix, responsable des frontaliers français à l'OGBL.

Pour lui, pas de doute le retour en arrière annoncé par Bercy est "un rétropédalage en urgence" de la part du gouvernement français. Mais il s'interroge sur sa finalité: "Est-ce pour temporiser le temps de passer les élections présidentielles?" du printemps 2022.

Alors que l'OGBL vient justement de lancer sa nouvelle campagne d'action, pas question de "lâcher la pression" sur les élus lorrains et Bercy sur un dossier qui concerne des dizaines de milliers de frontaliers installés en France.

Le syndicat défilera ce mardi aux côtés de la CGT et de bien d'autres syndicats comme FO, Solidaires, FSU, les organisations de jeunes, etc. qui défileront dans les rues de Metz, comme partout en France, pour défendre les salaires, les emplois, et protester contre les réformes des retraites et de l'assurance chômage.

Le ministère de l'Économie français avait indiqué que la modification devrait certainement être réalisée "en privilégiant les procédures dématérialisées", notamment grâce au "service de correction en ligne" du site des impôts. "Mais concrètement, comment ça va se passer?", s'interroge Christian Simon-Lacroix, comme bon nombre de frontaliers français.

Juste avant de manifester, une délégation de l'OGBL doit être reçue par François Grosdidier, le maire de Metz qui avait dénoncé un "coup de massue qui ne peut rester sans réponse" dans une lettre adressée à Bruno Le Maire au moment où éclatait au grand jour la "surprise" fiscale.