En septembre, les prix de certains produits auraient nettement augmenté, augurant une facture plus salée.

"Nous n'avons jamais rien vu de tel." C'est avec ces mots que Claude Simon, le directeur du département pour la vente de l'énergie chez Enovos, décrit l'évolution actuelle des prix du gaz.

Certains prix auraient quadruplé, mais cette forte hausse ne se répercute pas telle quelle sur le client, précise Claude Simon, car les fournisseurs achètent le gaz sur une plus longue période et pas en un seul jour. Mais sur un an, une augmentation du prix du gaz de 25% serait attendue. "Il ne s'agit pas d'un phénomène luxembourgeois, mais nous sommes aussi impactés au Luxembourg. Si nous considérons par exemple un ménage avec une consommation annuelle de 2.700 mètres cubes de gaz, il a payé environ 1.400 euros en 2020 avec toutes les taxes et tout, il va à présent payer en 2021, plus ou moins 25% de plus, soit 1.750 euros."

Et les prix devraient encore augmenter, particulièrement au quatrième trimestre 2021 et au premier trimestre 2022, selon Claude Simon. La situation devrait se calmer ensuite.

L'évolution du prix du gaz s'expliquerait par deux phénomènes, souligne le ministre de l'Energie, Claude Turmes:

"D'une part, après le Covid, il y a beaucoup moins de gaz qui a été produit, des gens ont aussi été licenciés dans ce secteur, maintenant il y a à nouveau une plus grande demande de gaz et il y a une immense agitation sur ce marché, il en va de même par exemple pour les conteneurs maritimes, qui sont aussi beaucoup plus chers qu'avant le Covid. D'autre part, il y a éventuellement certains fournisseurs qui livrent en Europe, qui profitent de cette instabilité et abusent quasiment de leur position dominante. Cela pourrait notamment être le cas de Gazprom."

C'est pourquoi le ministre a adressé un courrier à la Commissaire européenne à la concurrence, Margrethe Vestager, afin de lui demander une enquête pour déterminer si l'entreprise russe profite éventuellement de l'instabilité du marché.

À moyen terme, il faudrait également devenir moins dépendant de telles entreprises, et des énergies fossiles en général, car il faudra compter sur une forte volatilité des prix dans les années à venir, dit Claude Turmes.

"Là nous aidons aussi avec nos primes pour les voitures électriques, pour les pompes à chaleur et même pour la rénovation. Nous tentons vraiment là, avec Carole Dieschbourg et Henri Kox, d'aider un maximum à la conversion."

Le ministre vert ne veut toutefois pas toucher à la taxe carbone pour compenser l'évolution des prix. La taxe n'aurait qu'un impact relativement faible et cela enverrait un mauvais message dans le contexte du changement climatique.

Le reportage en luxembourgeois de nos collègues de RTL: