En attendant les 200 premiers des 600 nouveaux collègues annoncés, les policiers devront être plus présents et plus visibles dorénavant au Luxembourg. La mission a démarré dès ce lundi dans la capitale et... son quartier Gare évidemment.

Une meilleure visibilité et plus grande présence des hommes en uniforme (ou pas) sur le terrain, rassure indéniablement la population. Surtout quand le sentiment d'insécurité prédomine, comme dans le quartier de la gare à Luxembourg, gangréné par le trafic de drogues. L'attaque incontrôlée d'un chien d'une société de gardiennage privée, début septembre, a remis le feu aux poudres et repose avec acuité la question de la présence policière renforcée dans les grands centres urbains.

La décision de faire de la présence policière une vraie "mission à part", "fait suite à une demande récente de la population qui n'a fait qu'augmenter ces dernières semaines", a expliqué le ministre de la Sécurité intérieure et de la Police, Henri Kox lors de la présentation de ce plan qui sera "progressivement" décliné au niveau national.

D'ici 2023, 600 agents supplémentaires et 240 membres du personnel civil viendront renforcer la police luxembourgeoise, qui compte aujourd'hui plus de 2.540 personnes. Les 200 premiers nouveaux policiers arriveront dans les commissariats au printemps 2022 pour y achever leur seconde année de formation. Mais pas question d'attendre, surtout là où la situation est la plus délicate.

Le plan "présence accrue" a été lancé dès ce lundi matin et mis en place à Luxembourg-Ville pour démarrer. "L'action va se concentrer sur les quartier Gare, Bonnevoie et Ville-Haute", assure Patrick Even, directeur de la région "capitale", qui bénéficie de 287 policiers pour la vaste zone incluant Luxembourg-Ville et Hesperange.

Patrick Even n'a pas pu préciser de chiffres sur les effectifs qui seront mobilisés au quotidien mais a décrit la nouvelle mission: "Concrètement sur le terrain, nos équipes seront à pied ou à vélo et se rendront en patrouille sur des points névralgiques ou postés pour mener des contrôles. Il s'agit d'être visible, disponible pour le public et simplement être là quand quelque chose se passe".

CHANGER LA FAÇON DE TRAVAILLER

"Pour la Police comme pour moi, la criminalité n'a pas sa place dans notre quotidien et nous ferons tout pour la stopper", a martelé le ministre de la Police ce qui est devenu son véritable crédo. Les discussions entre ministère de la Police et responsables communaux sont déjà entamées à des niveaux différents avec les Villes d'Esch-sur-Alzette, Differdange et Ettelbruck pour accroître la visibilité des policiers dans les quartiers les plus sensibles.

En attendant les renforts massifs annoncés, "nous ferons avec l'effectif dont nous disposons", pose le ministre Henri Kox. Son ordre est clair: primo, la prévention est dictée par la loi. Secundo: "C'est la façon de travailler qui doit changer" au sein de la Police. C'est-à-dire trouver collectivement "une meilleure façon de travailler ensemble et de suivre les affaires et augmenter l'efficience".

Patrick Even sait bien que ces nouvelles approches et organisation s'ajoutent au travail quotidien de bureau dans les commissariats mais exprime sa grade attente: "Un effet positif sur le sentiment de sécurité" de la population luxembourgeoise.

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