"Les entreprises aimeraient bien travailler à nouveau normalement", lance Michel Reckinger, président de l'Union des entreprises luxembourgeoises. Il veut réduire à "un ou deux jours" le télétravail grâce au CovidCheck dans les entreprises.

Lorsqu'il s'est assis sur le siège du patron des patrons en ce début 2021, Michel Reckinger avait annoncé la couleur: il veut faire bouger les choses.

Alors "comment avancerons nous jusqu'au 18 octobre?" sur la question des mesures sanitaires. À cette date prendra fin l'actuelle loi Covid au Luxembourg. C'est une des questions centrales sur la table de la réunion bipartite qui s'est déroulée mardi après-midi entre les représentants du patronat et le gouvernement après avoir rencontré les représentants des syndicats dans la matinée.

Michel Reckinger, le président de l'Union des entreprises luxembourgeoises (UEL) y était pour dire aux décideurs politiques que "les entreprises aimeraient bien travailler à nouveau normalement. Pour les personnes vaccinées, les masques, comme la distanciation, ne font plus de sens", a-t-il expliqué ce mercredi matin au micro de RTL Radio.

"Le télétravail peut être réduit", pose clairement le patron des patrons au moment où tous les frontaliers travaillant au Luxembourg viennent d'avoir l'assurance de pouvoir continuer à travailler chez eux jusqu'à la fin 2021. Pour réduire le télétravail "il y a clairement une solution, c'est le CovidCheck", poursuit Michel Reckinger. Il aimerait très clairement que les entreprises qui le souhaitent puissent mettre en place le CovidCheck pour écarter masques et mesure de distanciation au travail.

Une discussion "très ouverte" s'est déroulée entre représentants du patronat et gouvernement alors que la période de Noël s'annonce pour plusieurs secteurs et "il est important que tout redevienne à nouveau plus normal", que "les commerces puissent à nouveau travailler normalement et que les gens retournent dans les centre-villes. C'est important pour notre économie". Les masques pourraient disparaître "naturellement" une fois que 85% de la population sera vaccinée.

RTL

"CE N'EST PAS LA BONNE APPROCHE"

Pour Michel Reckinger il est temps de repasser du télétravail "full-time" au télétravail valable "un ou deux jour(s) par semaine", selon le choix que "les entreprises décideront elles-mêmes avec leurs salariés". L'enjeu est de combiner au mieux santé mentale du salarié et efficacité au travail.

"J'ai l'impression que beaucoup (de salariés) considèrent le télétravail comme un demi-jour de congé mais vont faire leurs courses entre-temps", explique Michel Reckinger. La "phrase-standard" quand est évoqué le télétravail en entreprise "est toujours: Je reste à la maison pour télétravailler parce que j'ai la garde de mes enfants". Mais "ça ne colle pas!" estime le patron des patrons avant de rajouter que "ce n'est pas la bonne approche. Sur ce point nous avons encore tous des choses à apprendre".

Hier, il n'aurait pas été question d'un impôt Covid tel que le Vice-Premier ministre socialiste et ministre du Travail, Dan Kersch, en a lancé l'idée. Cette idée en général n'est pas à l'ordre du jour pour l’UEL. Pour Michel Reckinger, cette idée, qui est idéologiquement connotée, serait morte, car elle n'aurait aucune base.

Par ailleurs, le président de l'UEL considère qu'une réunion tripartite sera seulement nécessaire "lorsque des chiffres précis sur la crise seront disponibles". Ce n'est pas encore le cas. Il peut toutefois envisager une telle réunion si des choses concrètes devaient être annoncées par le Premier ministre dans son discours sur l'état de la Nation le 12 octobre.