La vidéo de l'attaque du chien cache une réalité infernale dans le quartier de la gare: "Les groupes de dealers défendent leur territoire de façon toujours plus agressive". La bourgmestre de Luxembourg réclame la vidéosurveillance et enfin des moyens pour écarter les "clients connus".

"Si déi Lénk démissionnent devant les dealers (c'est leur affaire, ndlr), mais pas moi!", lance Lydie Polfer à ses détracteurs de gauche au sein du conseil communal. Déi Lénk a réclamé la démission de la bourgmestre de Luxembourg-Ville suite à la vidéo choquante de l'attaque du chien, samedi soir dans le quartier de la gare centrale.

"L'alternative est-elle de baisser les bras? Doit-on entrer dans leur jeu? Ce n'est justement ce qu'on ne doit pas faire, ce serait leur donner raison!", a poursuivi la bourgmestre, déterminée à se servir de cet énième épisode pour dénoncer l'atmosphère d'insécurité constante entretenue par les dealers et toute l'urgence dans laquelle vivent quotidiennement les habitants du quartier Gare.

Lydie Polfer ne qualifie pas le quartier de zone de non droit mais laisse entendre que la limite n'est peut-être pas si loin d'être franchie. L'affaire de l'attaque du chien, les sorties quotidiennes en plein jour des policiers qui interviennent "à 6, 8, 12 pour emmener deux personnes" mais aussi les multiples vidéos et courriers alarmants des riverains, "tout indique que les groupes de dealers commencent activement à essayer de défendre leur territoire. Ils opèrent de façon plus agressive et veulent intimider les travailleurs sociaux" du projet 'À vos cotés', explique Lydie Polfer.

RTL

Sur la vidéo déclencheuse de ce nouveau malaise, "on ne voit qu'un petit extrait choquant mais le tout a duré 20 minutes", assure la bourgmestre qui a raconté en détails le déroulement d'une soirée de provocation et d'intimidation aux abords du café "Le Périgord" dès 19h00.

LA VIDÉOSURVEILLANCE REVIENT SUR LE TAPIS

Ce qui n'est pas clair jusqu'ici sur l'extrait de la vidéo, "c'est comment était-il possible que le chien ne portait pas sa muselière de sorte qu'il puisse mordre?", résume Lydie Polfer. Elle rapporte, après discussion avec les responsables de la société privée de sécurité G4S que "l'agent n'a pas enlevé la muselière mais ils ont expliqué que comme il y a avait une ambiance très violence la muselière pouvait glisser. L'enquête le dira".

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L'incident met en lumière l'absence de vidéosurveillance dans ce quartier réputé difficile: "Si nous avions une vraie vidéosurveillance nous pourrions très facilement expliquer ce qui s'est passé. Il semble qu'il n'y en avait pas", assure la bourgmestre. Avant de glisser "la police a essayé de savoir s'il n'existait pas d'autres vidéos prises".

Mais ce qui peine bien davantage la bourgmestre est le fait que l'homme attaqué par le chien était "un client bien connu des services de police pour des vols, des bagarres et des troubles commis", rapporte la bourgmestre. En d'autres termes: les fauteurs de troubles et dealers sont parfois parfaitement identifiés mais pas vraiment inquiétés par la justice. Et elle lance le pavé dans la marre: "Si c'était un si bon client de la police j'aimerais savoir ce qui s'est passé lors de toutes ces interventions ?"

DONNER LES MOYENS D'AGIR À LA POLICE

Non qu'elle en veuille à la police grand-ducale mais aux manques de prises de décision claires de la part des ministres de la Sécurité intérieure et de la Justice. La bourgmestre est dépitée de voir que le dossier de l'insécurité à la gare piétine depuis deux ans alors même qu'il a été au cœur de longs débats à la Chambre, en commission parlementaire et en comité de prévention communale. Au final, "nous sommes au même point qu'il y a deux ans avant le Covid quand les riverains avaient exprimé leur ras-le-bol".

Elle n'est pas dupe, engager une société de gardiennage privée permet "au moins d'avoir une présence. On sait bien que ça ne règle pas le problème mais elle aide par sa présence quand quelqu'un est attaqué. Mais je serai heureuse si on parlait autant de toutes les attaques qui se produisent en pleine journée!"

Elle souhaite surtout que l'affaire du chien permettre une prise de conscience sur le fait que "ça ne peut pas durer". Lydie Polfer réclame que soient donnés à la police "les moyens en hommes et en matériels pour avoir un meilleur contrôle. Je pense à la vidéosurveillance. Tout se passe au même endroit. On sait que ce genre de situation est récurrente."

Point crucial soulevé par la bourgmestre: "Donner les moyens légaux pour déloger les gens qui dont dans les entrées des immeubles où les enfants doivent passer par-dessus des drogués qui sont en train de se piquer dans les parties les plus intimes de leur corps. C'est insupportable!"

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