Avec la hausse des accises sur les produits pétroliers, soumis à une nouvelle taxe depuis cette année 2021, l'État luxembourgeois récolte toujours autant d'argent, tout en vendant moins de carburant sur son territoire.

La nouvelle taxe CO2 s'apparente à un vrai coup gagnant pour le Luxembourg. Appliquée sur les produits pétroliers depuis le 1er janvier 2021, elle a fait gonfler le montant des accises récupérés par l'État sur la vente de carburants... Alors que les stations du pays en écoulent de moins gros volumes.

Courant 2020, la baisse des déplacements initiée par le premier confinement et le maintien du télétravail avaient nettement entamé les ventes de carburants et les recettes fiscales liées aux accises. Mais depuis cette année, la taxe CO2 a permis de relancer les recettes générées.

"Depuis la fin de 2020, les accises perçues sur les produits pétroliers se sont nettement redressées, se rapprochant récemment des niveaux d’avant-crise" constate le Statec dans son flash de conjoncture du mois d'août.

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On voit que les recettes fiscales générées par les accises (en jaune) ont presque retrouvé leur niveau d'avant-crise, alors que les ventes de carburants (en bleu) sont nettement inférieures. / © Statec

La taxe CO2 a même réussi un coup double: maintenir les revenus liées aux accises alors que les ventes de carburants sont restées inférieures à leur niveau d'avant-crise. Et limiter l'afflux de consommateurs étrangers. "Cette nouvelle accise renchérit les prix à la pompe de 5 à 6 centimes par litre et freine ainsi la demande, surtout des non-résidents" écrit le Statec.

Pour le Luxembourg, c'est une opération gagnant-gagnant. Car le pays espère améliorer sa consommation d'énergies renouvelables. Celle-ci figure parmi les plus basses en Europe, notamment à cause du tourisme à la pompe.

Le gouvernement avait tenté une première hausse au printemps 2019, qui avait permis de faire ralentir la demande.

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