Mercredi, Bob Ritz, chargé de la communication à la "Stëmm vun der Strooss", une ASBL active dans l'intégration sociale et professionnelle des personnes défavorisées, était l'invité de la rédaction de RTL.

Chacun peut comprendre que les habitants du quartier de la gare à Luxembourg "se sentent mal à l'aise, quand ils ont affaire au trafic de drogues et à la prostitution, et la criminalité que cela implique, devant leur porte", a déclaré Bob Ritz, chargé de communication à la "Stëmm vun der Strooss", dont le siège principal est situé à Hollerich. A son avis, ce problème existerait dans tous les quartiers situés autour des gares des grandes villes. Si ces personnes sont déplacées, le problème surgit simplement à un autre endroit. Lui-même n'aurait pas peur et il n'y aurait pas que des criminels à la gare. "Ce sont des gens qui ont des problèmes, qui ne vont pas bien et ces gens ont besoin d'aide", selon Bob Ritz, qui pense qu'avant de combattre la criminalité, il faut combattre la pauvreté.

A propos de la situation actuelle des sans-abri, le porte-parole de l'ASBL a déclaré qu'à cause des restrictions, les sans-abri et ceux qui vivent seul manquent de contacts sociaux. Tant avec d'autres personnes qu'avec des éducateurs. Selon Bob Ritz, cela irait un peu mieux à présent et l'objectif serait de rétablir le lien. L'Action hiver avait été repoussée de trois mois, jusqu'à ce mercredi, ce qui aurait "beaucoup soulagé". Maintenant que l'Action est terminée, l'ASBL Stëmm vun der Strooss va reprendre sa distribution de sacs de couchage et le "Kleederstuff", l'atelier de redistribution des vieux vêtements collectés, sera à nouveau plus actif. Ceux qui en ont besoin, pourront venir prendre une douche dans les locaux de l'association, ou voir le médecin. Des séances de vaccination contre le coronavirus seront aussi organisées pour les sans-abri en juillet dans les locaux de l'ASBL à Hollerich et à Esch-sur-Alzette. A ce jour, une soixantaine d'entre eux ont été vaccinés pendant l'Action hiver, mais ils ne l'ont pas tous été.

Le chargé de communication de l'ASBL s'est réjoui mercredi de la "très grande solidarité" de la part des donateurs. "L'année dernière, nous avons beaucoup reçu et avec cet argent, des sorties ont été organisées, par exemple, au Zoo d'Amnéville ou une soirée à la Schueberfouer, quand elle a lieu", selon Bob Ritz. Le plus gros projet actuel de l'association est le bâtiment Caddy "Schweessdrëps 2", en construction à Sanem. 500 tonnes d'aliments provenant d'Auchan y seront transformés. Les vêtements des clubs de sport du Sud du pays y seront aussi lavés. D'après Bob Ritz, cela permettra de créer 50 emplois supplémentaires destinés à la réinsertion professionnelle. Les dons sont toujours les bienvenus pour garantir la réalisation du projet.

Selon les derniers chiffres du Statec, au Luxembourg, 1,2% de la population vit "en situation de privation matérielle sévère", ce qui signifie que 1,2% de la population souffre de la pauvreté. Depuis les années 2000, le taux varie la plupart du temps entre 1 et 2%, mais le pays s'est développé et Bob Ritz a confirmé que de plus en plus de gens vivent dans la rue. Dans le contexte des personnes défavorisées au Luxembourg, Bob Ritz a dit qu'à Esch, l'association a principalement affaire à des Luxembourgeois âgés, à qui manque le lien social. A Luxembourg, il s'agirait d'une autre population, mais là aussi il y aurait des Luxembourgeois, des Portugais et des Roumains. 4.000 personnes, représentant 110 nationalités, fréquenteraient la Stëmm vun der Strooss. Son porte-parole pense qu'il peut arriver à tout être humain, victime d'un coup du sort ou dont personne ne s'occupe, de se retrouver dans la rue. "Ce ne sont pas que des toxicomanes ou des criminels qui vivent dans la rue", a ajouté Bob Ritz.