Cette année encore, les discours à l'occasion de la Fête Nationale sont marqués par une crise sanitaire sans précédent. Voici les principales déclarations du Grand-Duc, du premier ministre et du président de la Chambre des députés.

S.A.R. LE GRAND-DUC HENRI: "DES FACETTES POSITIVES ET DES TENDANCES PLUS SOMBRES"

"La pandémie Covid-19 a changé notre monde de façon radicale" a déclaré en préambule le Grand-Duc. "En tant que nation, nous avons fait preuve de solidarité et nous avons démontré résilience et patience dans l’intérêt commun. Nous pouvons tous en être fiers" ajoute-t-il.

"Nos hôpitaux ont su tenir, malgré une charge extrême, et ensemble avec l’engagement infatigable de tous les acteurs du secteur de la santé, de nombreuses vies ont pu être sauvées" ajoute-t-il, rappelant néanmoins le lourd bilan de la crise, et notamment les plus de 800 décès liés au coronavirus. "En leur mémoire, observons une minute de silence" a d'ailleurs demandé le Grand-Duché.

Et si la distanciation sociale est nécessaire en ce moment, "elle ne doit pas conduire à un effritement de la société. Grâce à la vaccination et à votre participation active à cet effort collectif, nous pouvons à nouveau nous rapprocher en tant qu’êtres humains, pour notre bien-être à tous. Nous sommes sur la bonne voie, mais nous ne devons pas relâcher notre vigilance" enjoint-il.

Il annonce que "Plus tard dans l’année, le gouvernement organisera une cérémonie pour commémorer les victimes et pour honorer ceux qui se sont engagés de manière exceptionnelle dans la gestion de cette crise sanitaire."

Son discours est ensuite devenu plus sociétal: "La pandémie a jeté la lumière sur l’état de notre société, en Europe et dans le monde entier. Nous pouvons y entrevoir des facettes positives telles qu’une solidarité transfrontalière, entremêlées cependant de tendances plus sombres à l’image du populisme et de contrevérités."

Il évoque aussi l'importance d'un certain protectionnisme ("la globalisation n’est pas une panacée et il est primordial de garder une production locale, régionale et européenne de produits essentiels") et l'urgence environnementale (Nous devons saisir cette opportunité pour façonner un mode de vie plus durable.")

De même, "Le virus nous a appris à prendre du recul par rapport à nos habitudes et à prendre conscience des vraies priorités dans la vie. Saisissons cette chance pour mettre en perspective ce qui compte vraiment : l’humanité, la solidarité, la tolérance, le respect."

Et de conclure: "l’année prochaine, cela fera 60 ans que nous célébrons le jour de la Fête nationale un 23 juin. Mon grand espoir est que nous pourrons à nouveau célébrer, tous ensemble!", en terminant par un vibrant  "Vive le Luxembourg ! Vive l’Europe !"

XAVIER BETTEL: "UNE NATION QUI NE BAISSE PAS LES BRAS"

"C’est dans l’épreuve que l’on reconnaît la véritable grandeur d’un pays. Ensemble, nous avons déjà surmonté de nombreuses crises. Dans les moments difficiles, nous faisons preuve de solidarité. Nous veillons les uns sur les autres. Nous ne laissons tomber personne" déclare le premier ministre Xavier Bettel.

Ce sont ces qualités "qui nous ont été bénéfiques pendant cette pandémie de Coronavirus. Jusqu’à présent, le Luxembourg a bien traversé la crise. Et c’est avant tout grâce à vous, chers concitoyennes et concitoyens" ajoute-t-il.

"Si nous avons mieux surmonté la pandémie que de nombreux autres pays, c’est parce que nous avons choisi de suivre notre propre voie. Notre modèle à succès repose sur une stratégie de test à grande échelle, qui nous a permis de surveiller de près l’évolution des infections" rappelle-t-il.

Xavier Bettel en profite alors pour exprimer sa "grande reconnaissance" à tous ceux qui ont contribué à cet effort: le personnel du secteur des soins et de la santé, les forces de l'ordre et les secouristes, le personnel des magasins et supermarchés, les enseignants, les fonctionnaires, aux citoyens qui sont restés chez eux pour protéger leurs proches, sans oublier, enfin, les concitoyens étrangers "sans qui nos secteurs essentiels ne sauraient fonctionner, que ce soit avant, pendant ou après la pandémie."

La Fête nationale "est un symbole de notre histoire. Mais le 23 juin est également synonyme d’avenir. L’avenir d’une nation qui ne baisse pas les bras." Il évoque notamment la lutte contre le changement climatique, la reprise de la croissance économique, l'importance d'une "Europe forte"...

Et de conclure en souhaitant à tous "une belle Fête nationale et de beaux moments en présence de celles et ceux qui vous sont chers."

FERNAND ETGEN: "SCHENGEN IS ALIVE"

"Lorsque nous nous sommes retrouvés ici il y a un an, l’état de crise était en train d’être levé et nous espérions qu’à l’occasion de la prochaine Fête nationale, nous aurions laissé derrière nous ce sombre chapitre marqué par la Covid-19. Aujourd’hui, nous savons que la fin de la pandémie n’est pas pour demain" déclare le président de la Chambre des Députés.

"Mais nous entrevoyons enfin une lumière à la fin du long tunnel. Nous avançons pas à pas vers une nouvelle « normalité ». Il s’agit de petits pas prudents, d’une vie avec le virus, ponctuée par les masques, les tests, les vaccins et le CovidCheck"" ajoute-t-il.

Exprimant lui aussi ses remerciements aux citoyens et sa solidarité pour les proches des victimes, il déclare porter "un regard empreint de fierté sur l'avenir. La crise a aussi montré que nous pouvons faire confiance à notre démocratie. Nos institutions ont coopéré de manière rapide et efficace. Nous avons à nouveau pris conscience pendant cette période difficile de l’importance de disposer d’institutions stables et démocratiques pour surmonter une crise."

Sans oublier l'importance de l'Europe: "j’affirme aujourd’hui à haute voix ce qui est inscrit en grandes lettres à Schengen: « Schengen is alive », Schengen est vivant. Les contrôles aux frontières et les restrictions à la liberté de circulation dans l’espace Schengen n’ont pas lieu d’être."

Et de conclure: "C’est avec un optimisme prudent que nous avançons. Et nous empruntons cette voie ensemble, au Luxembourg et en Europe."