Une petite chambre au-dessus d'un café est une solution de logement plus abordable qu'un appartement ou une maison au Luxembourg. Mais des règles existent.

La discussion autour des "chambres meublées" existe depuis de nombreuses années au Luxembourg. Suite à plusieurs témoignages, une équipe de RTL s'est rendue dans un ancien restaurant à Troisvierges proposant ce genre de location, sans pour autant respecter les critères, qui ont été renforcés récemment. Le nord du pays regorgerait de ces "chambres", un réel besoin selon les responsables communaux et sociaux, mais ces logements doivent être en ordre.

Murs et plancher en bois, une prise qui traîne par terre, des câbles électriques endommagés, mais sinon l'aspect général de la pièce a l'air propre, comme a pu le constater le cameraman de RTL qui s'est rendu sur place. Les chambres sont relativement grandes, l'une d'entre elles ne dispose toutefois même pas d'une fenêtre. Pas besoin d'être un expert pour se rendre compte que ces "chambres de bonnes" ne remplissent pas les critères de base concernant la sécurité et l'hygiène, des normes fixées dans un nouveau règlement de 2019.

Edy Mertens, le bourgmestre de Troisvierges, est au courant que certaines chambres ne remplissent pas forcément les conditions et veut agir afin de proposer un logement de qualité dans sa commune. Un rapport est attendu, ensuite les autorités communales passeront à l'action.

LES CONTRÔLES SYSTÉMATIQUES SONT "NÉCESSAIRES"

Un inventaire sera réalisé dans 19 communes du nord du pays grâce à l'étroite collaboration entre les centres sociaux Resonord à Hosingen et celui du canton de Redange. Raoul Schaaf, président du bureau social du canton de Redange pense même à la création d'un label si la situation s'améliore, afin d'inciter les propriétaires à se soucier du bien-être de leurs locataires. Une brochure est également en préparation.

Selon Raoul Schaaf, 50 "chambres de bonnes" loués par des cafetiers sont connues dans le canton de Redange, tout comme 150 dans neuf communes de Resonord. Selon lui, les contrôles systématiques représentent beaucoup de travail mais sont nécessaires, notamment avec la collaboration de la police ou du CGDIS.

Dans plusieurs cas, les propriétaires essaient de remédier aux problèmes relevés par ces contrôles, sinon ils s'exposent au relogement de leurs locataires, à leurs frais, pendant trois mois. Le règlement de 2019 doit les responsabiliser davantage. Le logement est un des sujets les plus traités par les collaborateurs de Resonord qui recensait pas moins de 500 dossiers en 2019.

Le vice-président de Resonord explique que toutes les chambres sont généralement occupées. Frank Dimmer souligne que "nous avons besoin de ces chambres, sinon, de nombreuses personnes se retrouveraient à la rue".

L'idée derrière ce label et ces contrôles serait tout simplement de proposer un logement humble mais de bonne qualité et sécurisé.