Les interventions de la police pour violences domestiques ont augmenté de 11% l'an dernier au Luxembourg.

La situation est différente dans les pays limitrophes. La France, par exemple, a enregistré une hausse de 30% des violences domestiques en 2020. Cela s’expliquerait par le fait qu’au Luxembourg, les services ont bien collaboré et que leurs prestations n’ont été interrompues à aucun moment, a déclaré la ministre de l’Egalité entre les femmes et les hommes, Taina Bofferding, ce jeudi lors d’une conférence de presse.

Les violences domestiques ne doivent pas être considérées comme une fatalité et ne doivent pas être banalisées, a déclaré d’emblée la ministre. Le fait est que pour de nombreuses personnes, leur domicile est un lieu dangereux. Aux deux tiers, ce sont des femmes qui sont concernées. C’est pourquoi, cette année, la moitié du budget du ministère, soit 11 millions d’euros, sera consacrée à la prévention ainsi qu’à l’accompagnement des victimes ou des auteurs de violences conjugales.

950 INTERVENTIONS ET 280 EXPULSIONS

L’an dernier, la police a enregistré environ 950 interventions pour violences domestiques, ce qui représente une hausse de 11% par rapport à 2019. Entre 2011 et 2019, ce chiffre oscillait entre 675 et 849, avant d’atteindre un maximum l’an dernier.

En 2020, les policiers sont intervenus en moyenne 78 fois par mois pour des violences domestiques. Environ 280 expulsions ont été prononcées. Cette mesure interdit à l’auteur des violences d’approcher sa victime pendant deux semaines au moins. Le chiffre précité correspond à 23 expulsions par mois, soit 5% de plus qu’en 2019. Dans 90% des cas, l’auteur des violences était un homme. Un conflit intervient le plus fréquemment chez des gens qui cohabitent. Les conflits surviennent le plus souvent durant le week-end.

PAS D'EXPLOSIONS DES CAS DE VIOLENCES DOMESTIQUES

C’est justement parce que les violences domestiques se produisent le plus souvent le week-end, quand les gens sont à la maison, que l’on craignait une explosion du nombre de cas pendant le confinement. Cela n’a cependant pas été le cas, comme le souligne Kristin Schmit, représentante de la Police grand-ducale, qui explique l’augmentation du nombre de cas signalés par le fait que les gens étaient plus souvent à leur domicile à cause de la pandémie.

Mais pas uniquement les personnes concernées, les voisins aussi, qui signalent fréquemment les cas de violences domestiques. Comme le nombre d’expulsions des auteurs de violences n’a pas augmenté dans les mêmes proportions, la police en conclut qu’il n’y a pas eu de hausse de la gravité des cas.

UNE BONNE COLLABORATION ENTRE SERVICES

La ministre explique cette évolution par la bonne collaboration entre les services, parmi lesquels le Service d'assistance aux victimes de violences domestiques. Ce dernier prend contact avec la victime moins de 24 heures après les faits. L’an dernier, après les 280 expulsions, les collaborateurs de ce service ont contacté 370 personnes.

Le Service qui accompagne les auteurs ou les auteurs potentiels de violences conjugales s’appelle "Riicht eraus". Laurence Bouquet souligne que la décision prise en août 2019 de contacter le plus tôt possible l’agresseur a grandement amélioré leur travail. Ils y parviennent en moyenne après 1,9 jour. Dans 76,6% des cas, ils atteignent la personne qui a été expulsée de son domicile. 40% de ceux qui arrivent dans le service, y arrivent volontairement, parce qu’ils savent qu’ils ont des tendances à la violence. Les responsables espèrent pouvoir à nouveau faire baisser le chiffre des violences conjugales grâce à leur travail avec les agresseurs ou les agresseurs potentiels. Entre 2013 et 2020, pour 18,3% des auteurs, il ne s‘agissait pas de leur premier passage.

Le numéro de la helpline mise en place pour l’assistance aux victimes de violences conjugales est le 20601060. Les numéros de téléphone des différents services sont disponibles sur www.violence.lu.