Le ministre des Finances Pierre Gramegna était l'invité de l'émission Background ce week-end sur RTL Radio, il a souligné que "la pandémie n'était pas encore terminée".

Pierre Gramegna a déclaré qu'il fallait "rester raisonnablement prudent" et qu'une réforme fiscale était définitivement exclue du programme du gouvernement jusqu'en 2023.

Selon lui, il ne faut pas "mettre la charrette avant les bœufs même si une victoire contre la crise pourrait être célébrée à l'automne et même si le Luxembourg a mieux traversé ces turbulences que prévu".

En ce qui concerne les familles monoparentales, les célibataires ou les veuves et veufs, le ministre libéral a tenu à rassurer concernant "les inégalités fiscales que le Luxembourg traîne depuis 30, 40 voire 50 ans". Il rappelle que la réforme fiscale de 2017 avait néanmoins apporté certaines améliorations équitables dont les effets se feraient seulement ressentir de nos jours. Une individualisation optionnelle existe d'ailleurs depuis cette année. Il ajoute que le gouvernement ne pourra pas résoudre tous les problèmes avec les impôts, en pointant les mesures sociales prises ces dernières années ou encore la réindexation des allocations familiales à partir de l'année prochaine.

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Le LSAP demande un "impôt corona" pour tous ceux qui ont profité de la crise, un raisonnement que Pierre Gramegna comprend tout à fait mais le ministre se demande "à partir de quel montant est-on considéré comme gagnant et doit-on payer ces impôts? Il s'agit d'un exercice très compliqué", selon le ministre des Finances qui explique que les entreprises qui ont réalisé des bénéfices ces derniers mois, seront automatiquement imposées alors que les "perdants" seront épargnés.

Pierre Gramegna est également revenu sur l'économie digitale clairement dominée par les États-Unis, il faut garder une "attractivité raisonnable au Luxembourg, sans exagérer". Tout comme l'impôt sur les sociétés, qui ont clairement besoin d'un peu de répit. Le ministre a exclu toute hausse ou abattement ces prochaines années, le taux luxembourgeois de 17% (15% pour les PME), avec l'impôt communal sur les entreprises, se situe autour des 25 pourcents, "ce qui est tout à fait dans la moyenne", explique Pierre Gramegna qui soutient que la situation au Luxembourg n'est pas digne d'un Pays de Cocagne.

Enfin, en ce qui concerne l'impôt foncier, élaboré avec le ministère de l'Intérieur, le ministre des Finances annonce certaines évolutions dans le dossier: toutes les données et le matériel sont enfin réunis, les trois partis au pouvoir doivent maintenant s'accorder sur le taux de cet impôt. Une chose est certaine: le logement principal sera traité "de manière préférentielle".