Actuellement, le Centre pénitentiaire de Schrassig compte 13 cas positifs et 31 détenus sont en quarantaine.

Des chiffres qui redonnent espoir et font voir le bout du tunnel, car il y a deux semaines, plus de 100 personnes étaient en quarantaine et 30 détenus étaient positifs au coronavirus. La situation n'était pas simple, a souligné mardi sur RTL Serge Legil, le directeur de l'Administration pénitentiaire.

La quarantaine devient vite un problème de sécurité en prison

Si les détenus sont en quarantaine, cela implique que des agents pénitentiaires, des éducateurs gradués, des psychologues, des assistants sociaux et des sociologues, qui sont en contact avec les prisonniers, risquent aussi d'être malades. Cela signifie qu'il n'y a pas de bonne prise en charge ou qu'il n'y en a pas du tout, à l'exception de la prise en charge médicale, si ces personnes sont aussi en quarantaine, a expliqué Serge Legil. Il existe actuellement un certain risque, parce que les détenus deviennent nerveux, le confinement partiel contribuant à ce qu'ils aient encore moins de libertés et cela devient un problème de sécurité. Si en plus les agents pénitentiaires sont malades ou indisponibles à cause de la quarantaine, un gros problème de sécurité pourrait rapidement surgir, selon le directeur de l'Administration pénitentiaire.

Comment le virus arrive-t-il en prison?

Nous ne savons pas précisément comment le virus arrive en prison. Il y a seulement des hypothèses. Mais nous ne pouvons pas vraiment retracer d'où il vient au travers d'un traçage ou d'un cluster.

En principe, les visites de personnes extérieures à l'établissement pénitentiaire, seraient une possibilité et cela, bien qu'elles soient organisées avec des mesures d'hygiène strictes (parois en plexiglas, contrôles à l'entrée). L'arrivée du virus en prison pourrait éventuellement aussi s'expliquer par un membre du personnel asymptomatique. Mais ce serait alors vraiment un hasard, pense Serge Legil, car le personnel est très souvent testé.

En ce qui concerne la propagation en prison, les détenus auraient toujours des possibilités de communiquer entre eux, qui échapperaient aux autorités, quelle que soit la qualité des contrôles.

Le scepticisme à l'égard de la vaccination ne serait pas dû à un manque de sensibilisation

Le scepticisme à l'égard de la vaccination chez les détenus ne viendrait pas d'un manque de sensibilisation. Sur ce point, le directeur de l'Administration pénitentiaire a fait l'éloge du personnel, qui s'est donné beaucoup de mal et a parlé avec les gens. Toutes les affiches possibles ont aussi été faites dans toutes les langues, a précisé Serge Legil. En plus, la population carcérale, marquée par sa culture, serait relativement réceptive au vaccin. Beaucoup de détenus viennent d'Afrique ou des pays de l'Est, où la vaccination aurait un statut et une valeur élevés.

Mais une des causes pourrait être que dans une première phase, les gardiens n'ont pas été vaccinés en même temps. Les détenus n'auraient pas fait confiance au vaccin et auraient craint une vaccination expérimentale sur les prisonniers. Au total, 149 détenus sur 520 ont été vaccinés.

Pourquoi les gardiens n'ont pas été vaccinés prioritairement?

L'Administration pénitentiaire n'a pas, comme l'a fait la CGFP, demandé la vaccination prioritaire de certains groupes socio-professionnels (comme les enseignants ou les policiers). En prison, c'est un fait, deux tiers des détenus ont un problème de santé, parfois grave, que ce soit à cause d'une mauvaise hygiène de vie, d'abus d'alcool et de drogues, d'hépatites ou du sida, qui fait que ces gens sont très vulnérables, comme les pensionnaires de maisons de retraite, explique le directeur de l'Administration pénitentiaire.

Les gardiens auraient aussi de nombreux contacts avec les détenus positifs, de là est venue la revendication de se faire également vacciner, mais d'abord les détenus.

Serge Legil a toutefois affirmé comprendre la frustration des agents pénitentiaires. Mais la décision politique de vacciner aussi les gardiens a été prise relativement rapidement.