Le syndicat de la fonction publique exige depuis des semaines la vaccination prioritaire de certaines catégories professionnelles du secteur public.

Ces catégories présentent un risque plus élevé de contracter le Covid-19, car elles ont davantage de contacts et elles ne peuvent pas télétravailler. Le gouvernement vient de concéder une ouverture.

Accord sur une priorisation à deux conditions

La CGFP, la Confédération générale de la Fonction publique, a participé lundi à une réunion digitale avec le Premier ministre, Xavier Bettel, la ministre de la Santé, Paulette Lenert, et le ministre de la Fonction publique, Marc Hansen. Les différents intervenants se sont mis d'accord sur une priorisation, mais sous deux conditions.

La première est un avis positif de la Commission nationale d'éthique, la seconde que tous les plus de 45 ans soient vaccinés.

La CGFP explique ne pas pouvoir arriver à comprendre que la majorité des membres du CGDIS soient déjà vaccinés , alors que, par exemple, le personnel enseignant, la police, la magistrature et une partie du personnel carcéral doivent encore attendre le vaccin.

La liste de volontaires pour l'AstraZeneca pas une option

Le Premier ministre, Xavier Bettel, avait dit qu'une priorisation n'était plus nécessaire grâce à la liste de volontaires pour la vaccination avec l'AstraZeneca. La Confédération n'a cependant pas laissé passer cet argument. Son secrétaire général, Steve Heiliger, a déclaré avoir été dérangé par deux aspects surtout.

Steve Heiliger: "D'une part, nous savons qu'avec le vaccin AstraZeneca, la deuxième injection est faite beaucoup plus tard qu'avec les autres vaccins. Ce qui signifie qu'il faut beaucoup plus longtemps pour être totalement protégé. D'autre part, c'est que sur cette liste de volontaires peuvent s'inscrire les gens de 30 à 54 ans. Or dans les groupes professionnels que nous visons, il y a beaucoup de 20-30 ans. Ces derniers seraient donc exclus pour l'instant et ne pourraient pas en profiter."

Pas question de choisir son vaccin

La CGFP aurait en outre apprécié que les patients puissent choisir le vaccin qui allait leur être injecté, mais elle n'a pas obtenu satisfaction sur ce point.

Le président, Romain Wolff: "De nombreuses personnes sont devenues sceptiques suite aux informations qu'elles ont peut-être reçues sur l'un ou l'autre vaccin, elles vont peut-être se laisser dissuader de se faire vacciner. Ce n'est pas la bonne voie. Il faut se faire vacciner. Si les gens avaient eu la possibilité de choisir leur vaccin, cela aurait probablement contribué à affaiblir ce scepticisme, mais on nous a dit que cela, ce serait idéalement, et nous ne sommes pas dans l'idéal. C'est pourquoi ce n'est pas possible pour l'instant, même si cela fonctionne bien dans d'autres pays."

La CGFP ne comprend pas pourquoi les retraités vivant dans les zones frontalières ne sont pas pris en compte dans la campagne de vaccination.

"Ce sont des gens qui cotisent toujours au système social luxembourgeois, à la Sécurité sociale. Ils ont fait cela toute leur vie et nous étions d'avis que ces gens devaient aussi avoir la possibilité d'être vaccinés au Luxembourg. Je dois vous dire honnêtement que nous n'avons pas fait de grandes avancées sur ce point."

En ce qui concerne les privilèges éventuels pour les personnes déjà vaccinées, la CGFP se montre très critique. Elle craint que cela ne fasse encore croître les injustices sociales.

Le reportage en langue luxembourgeoise: