La pandémie a brisé net le taux de croissance de l'emploi qui était de 4% par an en moyenne au Luxembourg. Il est tombé à 1,4%! Ce qui n'a pas empêché certains secteurs de créer des emplois.

Pour la première fois depuis de longs mois, le chômage a reculé au Luxembourg en mars 2021. Même si la crise sanitaire du Covid-19 a lourdement impacté le marché de l'emploi depuis mars 2020, le Luxembourg a continué, comme toutes ces dernières années, à créer des postes de travail. Plus de 7.200 emplois salariés dont plus de 4.000 ont été occupés par des frontaliers.

Si le pays a pu rester un pourvoyeur d'emplois dans la Grande Région en pleine crise, c'est toutefois dans une bien moindre mesure. Entre mars 2020, le marqueur du début de la crise, et février 2021 "l'emploi salarié a augmenté de 1,4%" par rapport à la période juste avant que l'économie soit contrainte de tourner au ralenti, indique Tom Oswald, coordinateur général du ministère du Travail en réponse aux députés socialistes Georges Engel et Mars di Bartolomeo.

A titre de comparaison, on se souviendra que l'emploi salarié avait encore fait un bond de 3,6% entre mars 2019 et février 2020. Ce coup de frein dans la création annuelle de nouveaux emplois "n'impacte pas tous les secteurs d'activités de la même manière", souligne Tom Oswald.

LES SECTEURS QUI S'EN SORTENT MIEUX QUE LA MOYENNE

Sans surprise, les secteurs de la Santé et de l'action sociale, très sollicités ces derniers mois, de la construction mais aussi les activités spécialisées, scientifiques et techniques, "s'en sortent mieux que la moyenne". Ces secteurs ont embauché moins de salariés durant la crise que durant la même période un an auparavant mais leur taux de croissance reste élevé. Il est de 3,8% pour la Santé, 3,6% pour la construction et même 5% pour les activités spécialisées, scientifiques et techniques.

Seuls deux secteurs ont créé plus d'emplois durant la crise qu'auparavant: l'agriculture qui affiche 3,4% de taux de croissance de l'emploi entre 2019 et 2020 contre 2,5% un an auparavant et l'administration publique, 6,6% contre 4% avant la pandémie.

Dans les secteurs du transport et de l'entreposage (0,5% contre 3,6% avant crise) et des activités financières et d'assurance (0,1% seulement contre 2,4% avant crise ) la création de nouveaux emplois a été "nettement plus lente que la moyenne, mais le taux de croissance reste positif", note le coordinateur général du ministère du Travail.

COMMERCE, RESTAURATION ET LOGEMENT À LA PEINE

Restent les secteurs victimes de la crise sanitaires parce qu'ils ont créé beaucoup moins d'emplois pendant la pandémie qu'auparavant. De sorte que le taux de croissance tombe dans le négatif.

Les secteurs touchés sont le commerce (-1,0% contre 4,3% avant crise ) le logement et la restauration (-2% contre 2,8% avant crise ), la fabrication (-1,2% contre 0,03% avant crise) et le secteur de l'information et de la communication (-1,5% contre 2,9% avant crise).

Si les travailleurs indépendants ont été "plus faiblement impactés" avec une hausse de l'ordre de 1,3% des embauches entre 2019 et 2020, les intérimaires ont subi la crise de plein fouet. Le Luxembourg a eu recours à 4.999 intérimaires en moyenne en 2020 contre 6.350 en moyenne en 2019. Soit plus de 21% en moins sur un an.

Autre répercussion directe, ce «ralentissement» forcé du marché du travail a eu pour effet de faire chuter de 139 millions d'euros les recettes de cotisation de la sécurité sociale.