Plus contagieux, le variant brésilien P1 reste encore mal connu, mais soulève de nombreuses inquiétudes. La France a suspendu les vols depuis et vers le Brésil. Pour la première fois, six cas ont été repérés au Luxembourg.

Le variant britannique est très largement dominant au Luxembourg lors du séquençage des tests positifs au Covid-19 réalisés par le Laboratoire national de Santé (LNS). Les nouvelles données publiées mercredi soir par le ministère de la Santé confirme la tendance: "le variant britannique (B.1.1.7) représente 74,1% des cas", indique la rétrospective de la semaine du 5 au 11 avril 2021.

Le variant sud-africain (B.1.351), qui a donné tant de fil à retordre au Grand Est, représente 19,4% des cas. A peu de chose près, le même pourcentage qu'une semaine auparavant. Mais une donnée plus surprenante apparaît dans ce relevé officiel: "6 cas du variant brésilien P.1 ont été détectés".

Par le passé, il arrivait qu'un cas du variant brésilien soit repéré (comme durant la semaine du 8 au 14 mars) au Luxembourg mais guère plus. Si le variant brésilien inquiète particulièrement en France, au Luxembourg la Direction de la santé - ensemble avec le LNS - "suit régulièrement l’évolution des variants Covid-19 dans le pays et s’intéresse évidemment à l’apparition récente de quelques cas de variant brésilien".

Quant à imiter le voisin français qui a suspendu mardi soir les vols du Brésil jusqu'au 19 avril en raison des inquiétudes autour du variant, il n'en est pas question pour l'instant. Car "rien ne dit à ce stade que le variant brésilien a été importé directement d’Amérique latine. Ce variant circule également dans certains autres pays européens", indique le ministère de la Santé luxembourgeois.

Le gouvernement français doit présenter lundi de nouvelles restrictions pour les voyageurs des pays où, à l'instar du Brésil, "un variant particulièrement à risque est dominant" et qui sont confrontés à "une explosion ou une dynamique très forte de l'épidémie", selon Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement. Avec de possibles "restrictions supplémentaires pour les déplacements" et "des mesures plus contraignantes à l'isolement".

UN VIRUS VRAIMENT PLUS CONTAGIEUX ?

Les peurs autour du variant brésilien "sont justifiées, parce que le variant P1 est vraiment plus contagieux et il s'est répandu à grande vitesse au Brésil, qui est un pays immense, où la pandémie est totalement hors de contrôle", a expliqué à l'AFP Natalia Pasternak, microbiologiste et directrice de l'Institut Questoes de Ciencia (Questions de science).

Le P1 a émergé en décembre dernier dans la région de Manaus, en Amazonie, mais n'a été identifié pour la première fois comme un nouveau variant qu'en janvier, au Japon, chez des voyageurs ayant séjourné dans ces zones du nord du Brésil.

Comme le variant sud-africain, il est porteur de la mutation E484K, qui, selon certaines études, pourrait entraîner plus de réinfections que les autres souches, un plus grand nombre d'anticorps étant nécessaire pour lui résister.

LES VACCINS SONT EFFICACES CONTRE CE VARIANT

Le variant P1 est déjà présent sur l'ensemble du territoire brésilien, même si les données disponibles au niveau national sont insuffisantes pour évaluer son pourcentage dans les contaminations.

Aucune étude concluante n'a encore été publiée pour attester que le variant P1 serait plus mortel. Selon Jesem Orellana, chercheur de l'institut Fiocruz, si le nombre de morts a explosé au Brésil ces dernières semaines, c'est à cause de la saturation des hôpitaux, "parce que ce variant est plus contagieux, mais aussi à cause d'un relâchement de la population, qui adhère moins aux mesures de restriction".

Seule bonne nouvelle récente au sujet de ce variant: des études préliminaires ont montré que le vaccin chinois CoronaVac, le plus utilisé au Brésil, est efficace face au P1, tout comme ceux de Pfizer et d'AstraZeneca, injectés notamment en France.