Le sit-in organisé par des cafetiers et des restaurateurs, ce vendredi à Luxembourg-ville, Place d'Armes, est tombé à l'eau. Mais leur colère est intacte.

Même si les conditions sanitaires pour s'attabler restent strictes, les terrasses des cafés et restaurants rouvriront bien au grand public ce mercredi 7 avril. C'est acté dans la nouvelle loi Covid votée jeudi à la Chambre des députés.

Prudent, à l'image de son Premier ministre au moment de l'annonce de la mesure, le gouvernement ne s'emballe pas et parle d'"un petit pas" symbolique vers un retour à la vie d'avant Covid pour les clients mais aussi pour tous les salariés du secteur Horeca. Mais des cafetiers et restaurateurs ne l'entendent pas de cette oreille.

"Rappelez-vous des paroles de Xavier Bettel en octobre qui disait: "Il a été prouvé que le protocole sanitaire dans le secteur de l'Horeca fonctionne". Alors pourquoi on ouvre pas ?", lance Elie Clement, depuis la tribune à la vingtaine de cafetiers et restaurateurs qui ont fait le déplacement. Un manque de mobilisation vécu comme une énorme déception par les organisateurs et montre le manque d'unité du secteur. La fédération de l'Horeca brille une fois de plus par son absence remarquée.

Au gouvernement, Elie lance son message de ras-le-bol partagé: "Écoutez-nous et donnez-nous la possibilité de travailler!" Plusieurs restaurateurs expriment leur incompréhension face à la situation: "Les bus et tram sont blindés! Les gens sont assis Place d'Armes sans respecter la distanciation sociale. On peut se retrouver à plusieurs sur une terrasse privée mais que deux sur celle de nos établissements, c'est une aberration!", clame Manu Gauthier, patron de l'Odas à Rombach.

Manifestation Horeca
Des cafetiers et des restaurateurs ont manifesté en petit comité sur la Place d'Armes, à Luxembourg-ville, vendredi après-midi.

Après l'appel à ne pas être abandonné par le gouvernement par l'association Don't forget us, les organisateurs de cette nouvelle vague contestataire réclament enfin la réouverture de leurs établissements et que les mesures financières accordées au secteur Horeca soient prolongées après cette réouverture.

"Je suis restaurateur et je suis à poil", balance Manu Volbrecht, patron du Stars bar aux Rives de Clausen à Luxembourg. Comme ses collègues, il fait état de la grande difficulté à joindre les deux bouts alors que les aides arrivent avec bien du retard pour payer les salariés depuis la fermeture fin novembre. Manu est dépité. Ouvrir la terrasse de son bar latino en pleine journée ne fait pas de sens: "Aux Rives de Clausen ça ne sert à rien. Éventuellement s'il fait beau". La météo bien plus fraîche annoncée pour les dix jours à venir, refroidit déjà le petit enthousiasme créé par la réouverture des terrasses dans un secteur qui reste dans le brouillard quant à son avenir à court et long terme...