Si les soignants ont été vaccinés en priorité, la police devra attendre. Le gouvernement explique sa stratégie.

Pour débuter la vaccination, c'est l'ensemble du monde médical luxembourgeois et des personnes fragiles qui a obtenu la priorité sur les doses des vaccins.

Un processus adopté un peu partout dans le monde et développé afin de protéger les personnes à la santé fragile et de créer une "barrière" entre les malades et le reste de la population. En plus des soignants, les pompiers en ont également bénéficié. Et pourquoi pas les agents de police?

C'est la question ouvertement posée au gouvernement par le député Fred Keup (ADR). "Les policiers sont souvent en contact avec la population et sont donc aussi exposés à un risque élevé de contamination. Beaucoup de cas de coronavirus sont détectés parmi les agents" avait-il estimé dans une question parlementaire, interrogeant le gouvernement sur la date de vaccination des gardiens de la paix.

Vendredi, Paulette Lenert et Henri Kox ont finalement répondu que la priorisation des personnes à vacciner avait été décidée sur base des travaux de la commission nationale d'éthique. Dans son avis du 21 janvier 2021, cette dernière a répété les objectifs de sa campagne de vaccination, dont les deux principaux sont:

  • réduire la mortalité et les complications chez les personnes fragiles
  • soutenir le système de santé

La commission avait ainsi estimé que bien que les agents de police (mais aussi les enseignants ou encore l'armée) sont souvent en contact avec la population, "leur risque de morbidité grave ou de mortalité est nettement moins élevé que celui des personnes plus âgées ou des personnes vulnérables". Vacciner en priorité ces employés équivaudrait à "retarder la priorité accordée à un groupe de personnes plus vulnérables de par leur âge ou leur vulnérabilité médicale".

D'ailleurs, selon les ministres, le risque est partagé dans l'ensemble de la population: "à l'exception des soignants, toutes les catégories socioprofessionnelles sont exposées au même risque de contamination que le reste de la population à cause de leur emploi ou leur fonction". Se rangeant à l'avis de la commission nationale d'éthique, le gouvernement annonce donc qu'il "n'est pas prévu que les agents de police aient un accès prioritaire aux vaccins". Ils seront invités à recevoir leur(s) injection(s) en même temps que le reste de la population, sur le critère de leur âge, au cours des prochaines phases de vaccination.