"Un bonheur!": le public a retrouvé le plaisir des festivals de cinéma jeudi au Luxembourg, avec une soirée de lancement à guichets fermés, une exception en Europe, où la culture est passée en mode virtuel dans la plupart des pays.

Les cinémas ont rouvert au Luxembourg mais "beaucoup de cinéphiles ne se rendent en salle pour la première fois cette année que maintenant pour le Luxfilmfest", souligne le directeur artistique du festival, Alexis Juncosa.
Pour ce premier lever de rideau, un peu particulier - sans tapis rouge faute de stars -, la jauge du public avait été fixée à 100 personnes, conformément aux consignes gouvernementales.

"On a un peu l'impression que la vie reprend. Je me sens en sécurité. Tout a l'air très bien géré", confie Corinne, avant que le rideau ne se lève sur "Nomadland", le film de la Chinoise Chloé Zhao, sorti vainqueur des Golden Globes dimanche dernier.
"Il y a peu de monde et tous portent le masque", se félicite Giulio, pour qui aller au cinéma est devenu une sorte de "militantisme". "Ici, on y va chaque semaine" alors que dans son pays d'origine, l'Italie, "toutes les salles sont fermées", regrette-t-il.
Les dispositions sanitaires sont strictes: les spectateurs s'assoient à des places numérotées et leur plus proche voisin se situe à plus de deux mètres.

VOTE PAR SMS

Huit films sont en compétition pour la fiction, six pour le documentaire. Le vote du public s'effectue par sms. Le jury, présidé par l'actrice française Sandrine Bonnaire, officie depuis Paris.
Son palmarès sera dévoilé le 13 mars, à la veille de la clôture du festival, qui devrait accueillir au total plusieurs centaines de spectateurs.

"À l'échelle européenne, c'est à notre connaissance le premier festival à pouvoir se tenir" cette année, affirme Alexis Juncosa, alors que la Berlinale s'est achevée vendredi après une 71è édition en ligne.
L'ambition de ce Français de 48 ans? "Montrer qu'il est possible de consommer de la culture sans prendre de risque".
"On espère à notre tout petit niveau apporter un élément de réponse et la démonstration qu'un festival est quelque chose de faisable", alors que la pandémie a frappé de plein fouet l'industrie du cinéma.
Créé en 2011, le "Luxfilmfest" a dû être interrompu l'année dernière lors de la première vague de Covid-19.
Toutes les activités culturelles ont repris en janvier au Grand-Duché après un recul de la pandémie.

"Le Luxembourg est dans le domaine culturel une sorte d'îlot des bienheureux", constate le président du festival, Georges Santer.
"C'est une belle publicité pour le Grand-Duché qui fait trop souvent la une des médias dans le domaine financier", conclut-il.