Le président et les deux vice-présidents du conseil d'administration des Hôpitaux Robert Schuman ont reçu leur vaccin anti-Covid dès le 15 janvier. Mais pouvaient-ils déjà en bénéficier ? Le directeur général des hôpitaux les défend et sème le doute.

Après le personnel médical et les pensionnaires des maisons de soins vaccinés lors de la première phase, c'est au tour des plus âgées (75 ans et plus) et des personnes hautement vulnérables d'être vaccinés dans le cadre de la 2e vague qui a démarré ce lundi au Luxembourg. Toutes les autres personnes de moins de 75 ans et la population active attendent patiemment son tour sans disposer pour l'heure de date fixe. Y compris le Premier ministre.

Dans le contexte d'une vaccination directement liée au nombre de doses effectivement livrées au pays, la vaccination déjà intervenue de trois membres du conseil d'administration des Hôpitaux Robert Schuman (HRS) fait pour le moins désordre et tâche d'huile. Comme révélé la semaine passée par Radio 100.7, Jean-Louis Schiltz, président du conseil d'administration (et ancien ministre CSV), Michel Wurth, vice-président, et Claude Seywert, vice-président ont tous trois été vaccinés le 15 janvier 2021.

La polémique a enflé d'un cran ce lundi avec une nouvelle révélation émanant de la même source. Radio 100,7 assure que la Fédération des hôpitaux luxembourgeois (FHL) aurait déjà donné oralement le 13 janvier les consignes sur qui peut être vacciné et à quel moment dans les hôpitaux. Donc avant la triple vaccination intervenue à la tête des HRS.

"AUCUNE RECOMMANDATIONS AVANT LE 18 JANVIER"

Ce que dément clairement le directeur général des HRS, le Dr Claude Schummer au micro de RTL ce lundi après-midi. Ce n'est que le 18 janvier qu'un courriel officiel de la FHL est arrivé ans les boîtes mails. «Avant le 18 janvier, nous n'avions reçu aucune recommandation orale ou écrite, ni de la direction de la Santé, ni de la FHL», a déclaré Claude Schummer dans l'interview accordée à RTL.

Mais la question de la légitimité des vaccinations en cause reste entière. D'autant qu'un document-clef ne donne pas de priorité particulière aux membres du conseil d'administration des HRS qui regroupent depuis 2014 l'Hôpital Kirchberg, la clinique privée du Dr Bohler, la ZithaKlinik et la clinique Saint-Marie d'Esch-sur-Alzette. Le groupe emploie plus de 306 médecins sous statut libéral et 2.250 salariés.

Ce document dont RTL s'est procuré une copie est la "Convention relative à la vaccination Covid-19 dans les hôpitaux" passée entre la ministre de la Santé et les HRS. C'est Claude Schummer qui l'a signé le 11 janvier.

LES HÔPITAUX FONCTIONNENT AUSSI GRÂCE À EUX

L'accord stipule que le "personnel hospitalier" pouvant être vacciné englobe "tant les salariés des établissements hospitaliers que tout autre professionnel de santé lié contractuellement avec eux ainsi que le personnel des sous-traitants qui travaille au sein du site principal et sites et bâtiments hospitaliers secondaires".

Le Dr Claude Schummer explique que le libellé serait relativement vague et qu'il ne précise pas qui devrait être vacciné et qui ne le devrait pas. Les HRS ont mis en place un plan de vaccination dans le but d'assurer la continuité des activités comme demandé par le gouvernement.

Bien qu'ils ne soient pas exposés directement au Covid-19, les trois membres de la présidence du conseil d'administration se trouvent bien au premier rang puisqu'ils font partie intégrante des plans qui permettent aux hôpitaux de continuer à fonctionner, insiste Claude Schummer. Même si les réunions du conseil d'administration se sont toutes déroulées en visioconférence, il précise que les trois membres du conseil d'administration sont plusieurs fois venus à l'hôpital. Le président Jean-Louis Schiltz plus souvent que les deux vice-présidents.

RTL a eu la confirmation qu'aucun membre des conseils d'administration des trois autres grands centres hospitaliers du pays (CHL, CHEM et Centre hospitalier du Nord) n'a été vacciné jusqu'ici.