L'influence des médias sociaux mais aussi la situation des jeunes en temps de pandémie. La mort du jeune Rafael, 18 ans, après une agression à l'arme blanche à Bonnevoie, soulève de nombreuses questions.

La mort de Rafael préoccupe les autorités communales mais des questions se posent notamment sur le rôle de l'école et des médias sociaux. Peu de temps après l'agression, des images du meurtre ont été partagées sur la plateforme Snapchat.

Un message clair, qui devait intimider les autres et qui devait montrer au public qui est le „boss“. Peu de temps après le drame, une photo de la scène du crime est apparue sur Snapchat. Puis une vidéo de l'un des deux auteurs présumés, qui se filme en train de fumer à l'Unité de sécurité (Unisec) fermée pour mineurs de Dreiborn. Une nouvelle provocation publique, qui s'est retrouvée sur le smartphone de nombreux jeunes au Luxembourg.

L'application Snapchat provoque l'inquiétude de certains parents. Il est important que ceux-ci aient une attitude attentive vis-à-vis de leur enfant, selon Nathalie Keipes, directrice du Centre psycho-social et d'accompagnement scolaire.

"Regarder comment il va. Quand ils constatent peut-être que l'enfant a un comportement différent, qu'il ne peut pas bien dormir, qu'il n'a pas envie d'aller à l'école, qu'il est nerveux. A ce moment-là, les parents doivent encourager l'enfant à communiquer, à parler avec eux. Pour dire ce qui l'accable, sans forcer. Un point de départ important pour entrer dans la discussion avec l'enfant."

LES EFFETS DE LA PANDÉMIE

La psychologue revient sur l'influence des médias sociaux. Les enfants sont de plus en plus exposés à la pornographie ou à des images de violence via leur smartphone. Avec le risque qu'ils s'habituent à de telles images, qui ne doivent pas être banalisées. Les parents ont ici un rôle à jouer pour prévenir le cyberharcèlement.

Il y a une semaine, Rafael était attaqué par deux mineurs armés d'un couteau et succombait à ses blessures. Les auteurs présumés sont âgés de 15 et 17 ans et la victime leur devait de l'argent. Le jeune de 18 ans et l'auteur des faits étaient élèves au Lycée à Bonnevoie, le troisième intervenant était scolarisé à Ettelbruck.

Le sommet de l'iceberg d'une semaine très agitée à Luxembourg, avec trois incidents impliquant des jeunes, qui se recoupent en partie.

Ce n'est pas un hasard si la situation devient plus précaire, d'après Nathalie Keipes, directrice du Cepas. La pandémie et le fait d'être confiné chez soi, aggravent la situation. Restrictions au quotidien, moins de contacts sociaux, moins de sport, moins de distractions, des changements dans le rythme scolaire, tout cela a clairement un impact sur les jeunes.

CONFIANCE EN SOI ET FLEXIBILITÉ

„Lorsque vous êtes vous-même confronté à des problèmes - où vous devez soudain résoudre les problèmes différemment par rapport à ce que vous auriez fait habituellement. Avant avec les copains, maintenant, vous êtes plus livré à vous-même - là, il est évident que la tolérance à la frustration est plus faible (...).“

Le sport, avec lequel des jeunes en difficultés trouvent souvent un certain équilibre, est limité dans sa pratique, en revanche la consommation du smartphone et des réseaux sociaux est en hausse.

„L'émergence de ces réseaux sociaux favorise l'effet de victimisation et multiplie l'agression. C'est une caisse de résonance, où ces faits peuvent plus rapidement se propager que si cela se passait dans un petit groupe de quelques jeunes dans la cour de récréation ou à l'arrêt de bus.“

C'est le rôle de l'école et des acteurs directs autour d'elle, de porter leur attention sur le mal-être de l'élève, particulièrement maintenant dans le contexte de la pandémie et des actes de violence.

Dans l'époque trépidante dans laquelle nous vivons, la confiance en soi et la flexibilité pour faire face à une situation, seraient les compétences du 21e siècle, sur lesquelles les écoles devraient se pencher.

Le ministre de la sécurité intérieur, Henri Kox, est revenu ce mercredi matin sur le travail de prévention: pour lui il faut reconnaître les problèmes des jeunes et les combattre dès l'école.

Le reportage en langue luxembourgeoise:

Que faire contre la violence des jeunes ?