Quand serons-nous tous vaccinés et protégés contre le coronavirus? Si certains craignent que le processus ne prenne encore plusieurs années, il paraît bien difficile de dire quand il prendra vraiment fin.

Lancée fin décembre, la vaccination est aujourd'hui un des principaux axes évoqués pour lutter contre l'épidémie de coronavirus.

Démarrée au pas de course avec de nombreux soignants invités en trois jours (1.251 personnes), la campagne s'est ensuite poursuivie plus lentement durant une semaine (453 seulement la première semaine de janvier) avant d'accélérer (2.053 injections la semaine du 11 janvier puis 3.956 la semaine du 18 janvier). C'est également à partir du 18 janvier que la deuxième dose a commencé à être inoculée aux premiers vaccinés: 1.244 doses sur les 3.956 évoquées plus haut.

Sur les réseaux sociaux, mais aussi dans certains commentaires postés sur notre site, des internautes ont évoqué la lenteur supposée du Luxembourg, légèrement en retard par rapport à ses voisins européens. "1 mois = 1 % de la population ! Cool, on devrait être tous vaccinés dans... 8 ans et 4 mois ! Déconfinement prévu fin mai... 2029 !" ironisait un de nos lecteurs il y a quelques jours. "Tout devrait rentrer dans l'ordre pour la phase 18 en avril 2028 ! Youpi..." a estimé un autre.

DES PROJECTIONS QUI N'ONT PAS DE SENS

Ces projections peu réjouissantes sont-elles fiables? Au jeudi 28 janvier, soit un mois pile après le début de la vaccination, le Luxembourg avait en réalité vacciné 9.890 personnes, dont 1.483 avaient reçu leur deuxième injection. Ce qui représente environ 1,57% de la population du pays. À ce rythme, il faudrait donc théoriquement un peu plus de 63 mois, soit 5 ans et trois mois, pour vacciner l'ensemble de la population. Mathématiquement, la vaccination serait donc complète début 2026.

Il est pourtant très hasardeux de se livrer à ce genre de projections. Comme l'a expliqué Paulette Lenert, le Luxembourg a découpé le plan de vaccination en plusieurs phases. Six, pour être précis. Pour l'heure, ces phases déterminent qui aura accès aux deux doses du vaccin mais pas quand. Et si le ministère de la Santé se garde bien d'annoncer un calendrier, c'est qu'il est encore impossible de savoir sous quel délai les doses achetées seront fournies par les groupes pharmaceutiques. Bien que les contrats négociés par l'UE spécifient ce timing à respecter, des aléas de production ou une accélération de la cadence sont toujours envisageables.

RTL

Les six phases de la vaccination établies par le gouvernement luxembourgeois. / © RTL

À ce stade, il est prévu que la première phase de vaccination, réservée aux employés du monde de la santé, arrive à son terme à la fin du mois de mars. Voire même "plus tôt que prévu" d'après Paulette Lenert. D'ici cette date, le Luxembourg devra avoir reçu un peu plus de 86.000 doses des seuls Pfizer/BioNTech et Moderna.

En plus de ces produits, c'est le vaccin AstraZeneca, tout juste autorisé en Europe, qui devrait permettre d'augmenter les capacités du Grand-Duché d'ici quelques jours.

Plus globalement, la protection de la population ne dépend pas que de la vaccination. Surtout que celle-ci n'est ni obligatoire ni recommandée pour tous les résidents. Les moins de 16 ans ne sont par exemple pas inclus dans le plan du Luxembourg.

Plusieurs études ont permis d'estimer que les personnes infectées par le virus produisaient une réponse immunitaire pouvant durer plusieurs mois. Une étude menée entre novembre et début janvier a permis d'estimer qu'environ 7% des résidents du Luxembourg, soit environ 44.000 personnes, avaient développé ces anticorps. Deux fois plus que cet été. Mais la durée de cette protection est encore incertaine. D'ici là, c'est donc sur les gestes barrières recommandés par le gouvernement qu'il faudra compter pour se protéger du coronavirus.